Proposer un assistant de mobilité qui permet d'acheter et de valider son titre de transport. C'est tout l'objet de l'appli mobile tout-en-un de Keolis, PlanBookTicket (Android et iOS). Une solution qui doit permettre de répondre aux besoins de tout réseau, et à la diversité des profils d'usagers - les abonnés comme les occasionnels et la clientèle de passage qui peut représenter jusqu'à 50% des déplacements sur certains grands réseaux.

L'objectif ? "Simplifier la vie des voyageurs", dixit Jean-Pierre Farandou, président de Keolis lors de la conférence de presse. Mais aussi celles autorités organisatrices : "J'ai la conviction que ce type de solution va entraîner davantage de trafic, car le réseau sera plus attractif et il y aura moins de fraude".
 
Un cheval de Troie
 
Ainsi, PlanBookTicket se compose de trois "briques" - assistant de mobilité (calcul d'itinéraires multimodal, horaires de passage en temps réel et alertes en cas de perturbations avec proposition d'itinéraire bis), achat et validation du titre de transport.

Avec PlanBookTicket, Keolis propose une solution industrielle mutualisée destinée à conquérir de nouveaux marchés en France et à l'étranger. "C'est un élément différenciant pour Keolis. Les autorités organisatrices sont souvent circonspectes sur les choix techniques comme sur les coûts de ce type d'outils. Avec PlanBookTicket, nous leur proposons une solution moins chère, modulaire et éprouvée", a souligné Frédéric Baverez, directeur exécutif Groupe-France de Keolis.
 
Une solution modulaire qui permet à l'autorité organisatrice (AO) de choisir les "briques" qu'elle souhaite proposer aux usagers, et de faire évoluer l'appli mobile. L'assistant de mobilité est d'ores et déjà déployé en marque blanche dans plusieurs villes (1) depuis avril 2015 dont Lille et plus récemment Bordeaux. Difficile d'imaginer que ces réseaux utiliseront une autre solution quant ils voudront intégrer l'achat et la validation des titres de transport... D'autant que Keolis précise que les clients de PlanBookTicket bénéficieront gratuitement des évolutions de l'appli mobile, le service étant indépendant de son métier d'opérateur. PlanBookTicket, un cheval de Troie destiné aux réseaux opérés par ses concurrents ?
 
Des partenariats technologiques
 
Pour parvenir à proposer cette solution, la filiale de la SNCF s'est appuyée sur plusieurs partenaires-experts : Voyages-sncf.com pour l'achat des titres de transport, la Compagnie des transports strasbourgeois (CTS) et Masabi pour la validation des m-tickets. Franck Gervais, dg de Voyages-sncf.com, imagine déjà l'étape d'après : proposer à terme sur son site, un parcours de bout en bout qui intégrera en plus du train ou de l'autocar, des billets de transport urbain... Ce service d'achat de m-tickets sera disponible dès le mois d'octobre 2015 à Orléans, puis à Montargis et à Saint-Malo.
 
Quant à la validation, Keolis s'appuie sur deux solutions déjà éprouvées et peu onéreuses puisque qu'elles ne nécessitent pas de changer l'ensemble du système de billettique. Autre avantage stratégique, l'une comme l'autre permettent une rapidité de validation (plus courte qu'avec un billet papier classique). Son déploiement est prévu avant l'été 2016.
 
Pour la technologie sans contact, Keolis utilise la solution U'Go développée par la CTS et opérationnelle depuis deux ans à Strasbourg. Il s'agit de tags NFC passifs (qui ne permettent pas d'enclencher une ouverture de portillon, par exemple). Leur coût ? Entre 1 et 1,50 euro l'unité. Keolis vient de racheter cette solution à CTS pour l'industrialiser et la développer.
 
Quant aux QR code, la filiale de la SNCF a passé un partenariat avec une start-up anglaise Masabi qui a déjà déployé les codes barre 2D dans les métros de Londres, Liverpool, New York et Athènes. La solution nécessite d'installer des lecteurs optiques pour flasher les QR code.
 
Un pôle digital ambitieux
 
Pour la commercialisation de PlanBookTicket, Keolis s'appuiera sur son nouveau pôle Solutions & Services baptisé Kisio qui regroupe Canal TP, MTI et Effia Synergies. La nouvelle entité comprend 600 collaborateurs et dispose d'un budget de 30 millions d'euros sur trois ans pour développer des solutions digitales. Kisio réalise déjà 60 millions d'euros de chiffre d'affaires, Jean-Pierre Farandou vise les 100 millions d'ici deux à trois ans.

Florence Guernalec
 
 
(1) Montargis, Lille, Lens, Orléans, Brest, Bordeaux et Amiens, et bientôt, Quimper, Châteauroux et Laval.