"La logique, c'est d'inverser la logique. Dans nos villes et nos villages, la vitesse sera limitée à 30 km/h et par exception, certains axes seront à 50 km/h", a indiqué à l'AFP Yann Mongaburu, vice-président (EELV) de la métropole en charge des déplacements. A Grenoble, 80% des voies vont passer à 30 km/h dès le 1er janvier 2016, contre seulement 25% aujourd'hui, a annoncé la commune."Nous allons construire une ville respirable", s'est réjoui le maire EELV de Grenoble, Eric Piolle, dans un communiqué.

La plupart des communes, de droite comme de gauche, ont rejoint le mouvement, notamment les plus grosses d'entre elles, comme Échirolles et Saint-Martin-d'Hères, dirigées par des municipalités communistes. "Cela va modifier les comportements: quand on roule à 50 km/h, on a des accélérations, des décélérations et des chocs beaucoup plus brutaux. Il s'agit de dire que nos voies sont partagées entre tous les usagers, y compris les piétons", a ajouté Yann Mongaburu. Cette généralisation des zones 30 a été rendue possible par le vote de la loi sur la transition énergétique adoptée le 22 juillet 2015.

Plus qu'une question de vitesse

Dans son dossier de presse, la métropole grenobloise souligne qu'à 30 km/h, le risque de décès lors d'un choc est divisé par neuf par rapport à un choc à 50 km/h. "Un véhicule atteint rarement les 50 km/h en ville. Ces quelques pointes de vitesse augmentent la consommation, le bruit de fond et la pollution de l'air pour finalement très peu d'effets sur la vitesse moyenne et les temps de parcours", ajoute la collectivité.
En réalité, la vitesse moyenne est de 18,9 km/h lorsque la vitesse est limitée à 50 km/h contre 17,3 km/h dans les zones 30, soit une différence de 18 secondes sur un trajet d'un kilomètre, selon la même source.

"La voiture n'est bien sûr pas la seule responsable de la pollution mais adoucir la vitesse de circulation et, demain, expérimenter la circulation modulée grâce aux nouvelles pastilles en cas de pic est un début de solution", a ajouté Eric Piolle. Au-delà de la circulation, la métropole grenobloise veut aussi "réinventer l'espace public" par la végétalisation, la création d'aménagements pour les enfants, les personnes âgées et les cyclistes, de zones de rencontres, et par la piétonisation.

(AFP)