"Nous souhaitons attirer vers le transport collectif des personnes qui spontanément n’auraient pas choisi ce mode de déplacement. Quoi qu’on en dise, l’utilisation des transports publics est un peu compliquée et l’achat de titre de transport peut être une difficulté", reconnaît Luc Egoumenides, directeur général de la Sémitag, la société d’économie mixte qui exploite le réseau urbain de la métropole grenobloise.

En lançant une solution de post-paiement – c'est-à-dire un système qui permet de voyager et de payer le mois suivant – la filiale de Transdev souhaite lever le frein lié à l'achat de titre de transport. "Les clients sont ainsi libérés de la contrainte de trouver un distributeur ou de renouveler leur abonnement".

Autre intérêt : le prix du voyage. Celui-ci est facturé 1,34 euro contre 1,50 pour un titre acheté dans un distributeur et 2 euros dans les bus. Pour éviter un transfert des abonnés vers le post-paiement, un plafond a été fixé à à 56,50 euros. "Ce montant correspond au prix d’un abonnement mensuel majoré de 10%. En sachant qu’au-delà de ce plafond, les validations sont offertes", précise le responsable.

TAG&Pass


Cette solution a été déclinée à Grenoble sur deux supports : la carte de transport "classique" et sur smartphone. L’intérêt : diversifier les modes de validation. Pour cela, les voyageurs munis d’un téléphone androïd NFC n’ont qu’à présenter leur appareil devant les valideurs, tandis que ceux possédant un iPhone doivent flasher un sticker avec QR code. Ils devront au préalable télécharger l’application TAG&Pass sur les stores.

Le post-paiement est également proposé sur cinq lignes du réseau départemental TransIsère. "Le conseil départemental a souhaité s’associer à nous dans le cadre d’une expérimentation qui durera un an", indique Luc Egoumenides. Sont concernées les lignes express 1, 2 et 3 ainsi que les lignes 6020 et 6070.

Payer avec sa carte bancaire


Toujours dans l’objectif de faciliter l’accès au transport public, la Sémitag va expérimenter, à partir du 19 septembre 2015, le paiement sans contact par carte bancaire. Cette solution sera proposée sur la ligne Chrono N°1 qui dessert la gare SNCF, le centre-ville de Grenoble et la zone d’activités de Meylan. Un service fréquenté quotidiennement par 12 000 à 13 000 voyageurs.

"Pendant un an, les usagers de la ligne C1 pourront payer leur voyage avec leur carte Visa ou Master Card munie du symbole NFC, en lieu et place d’un billet de transport", indique Frédéric Linossier, responsable chez Transdev du pôle systèmes numériques.

"Ils devront la présenter non pas devant un valideur, mais devant un terminal de paiement qui fonctionne sans contact". Celui-ci délivrera un ticket thermique qui servira à la fois de reçu de carte bancaire et de titre de transport.

Ce projet, piloté par Transdev dans le cadre du laboratoire d’expérimentation des mobilités de Grenoble, a été développé en partenariat avec la Caisse d’Épargne Rhône-Alpes et la société Actoll qui a conçu le terminal et le logiciel.

"Les boîtiers sont très simples à installer car ils sont fixés à une potence. Ils nécessitent juste une alimentation électrique tandis que le système de radiocommunication utilise le système 3 et 4G", indique Sylvain Gable, en charge du suivi du projet.

"Les paiements sont par ailleurs sécurisés au même titre que n’importe quel achat par paiement sans contact. Nous avons d’ailleurs obtenu l’agrément du GIE CB, qui gère les cartes de paiement en France."

Plusieurs enquêtes seront menées au cours de l’année pour mesurer l’appétence de ce service pour les voyageurs occasionnels. "Dans 12 mois, les perspectives de développement seront plus claires et nous saurons comment déployer ce service dans les réseaux du groupe. Plusieurs s’intéressent déjà à cette solution", affirme Frédéric Linossier.

Séduire les occasionnels


Pour Luc Egoumenides, "ces deux solutions de paiement permettront de consommer plus facilement le transport public, sans se poser de questions car on a toujours sur soi une carte bancaire ou un téléphone mobile".

Car attirer les clients occasionnels ou de passage représente un enjeu primordial pour les réseaux de transport public, à la fois pour le poids qu’ils représentent mais aussi parce qu’ils contribuent fortement aux recettes commerciales.

Ainsi à Grenoble, la Sémitag table sur une augmentation de la fréquentation de l’ordre de 5%. Une progression liée à ces deux solutions de paiement, mais aussi à la mise en service totale de la cinquième ligne de tramway et à la restructuration du réseau opérée en septembre 2014.

En 2014, près de 80 millions de voyages ont été réalisés sur le réseau des transports de l’agglomération de Grenoble.

Christine Cabiron