"... il s'agit là d'un attentat barbare qui ne connaît aucun précédent. On a recherché, il n'y en a pas de cette nature dans l'histoire des chemins de fer européens", a déclaré Guillaume Pepy à propos des attaques du Thalys dans Le Journal du dimanche du 23 août. Le président de la SNCF annonce deux mesures pour renforcer la sécurité dans les trains et les gares qui s'ajoutent au plan Vigipirate en vigueur depuis les attentats de janvier 2015.

Une "vigilance citoyenne" accrue

Le président de la SNCF, qui s'est entretenu avec le Premier ministre dès le lendemain de l'attaque, annonce qu'"un numéro vert de vigilance citoyenne" (3117) sera mis en place au 1er septembre pour permettre à toute personne de signaler une situation anormale."Ce sont des cheminots spécialisés dans la sûreté, spécialement formés pour identifier une vraie ou une fausse alerte. Au 1er septembre, cela devrait représenter de l'ordre de 40 personnes", a précisé Guillaume Pepy dans cette interview.

L'autre mesure concerne le renforcement du nombre et de la visibilité des messages de vigilance. "La signalétique dans les gares et les trains sur la vigilance n'est pas assez présente. On va la renforcer car c'est décisif", a déclaré Guillaume Pepy. En revanche, le président de la SNCF a rejeté tout contrôle systématique avant de monter dans le train en raison du nombre important de voyageurs, "20 fois plus de trafic que l'aérien". Mais, le contrôle aléatoire des bagages "fait partie des actions à l'étude", a-t-il ajouté.

Une présence humaine renforcée

D'autres actions sont actuellement étudiées par le gouvernement. Dans un communiqué commun daté du 22 août, Manuel Valls, Bernard Cazeneuve et Alain Vidalies rappellent que le plan Vigipirate, relevé au maximum en Île-de-France depuis les attentats à Paris de janvier 2015, "se traduit dans les transports par des patrouilles fréquentes dans les gares et aérogares, par la multiplication des contrôles d’identité, l’inspection visuelle des bagages et par la diffusion de messages de vigilance".

Une surveillance assurée par 7000 militaires, l'ensemble des forces de l'ordre ainsi que les services de sécurité de la SNCF (3000 agents) et de la RATP (1250). Guillaume Pepy explique que "leur renforcement relève des priorités opérationnelles, qui sont confidentielles, comme de savoir s'il faut surveiller les trains internationaux ou les RER".

"Au total, 30 000 policiers, gendarmes et militaires sont affectés à la protection des 5000 lieux sensibles sur l'ensemble du territoire, dont les gares et les aéroports", selon le communiqué du gouvernement.

Florence Guernalec