La tension monte à l'approche des élections professionnelles qui doivent avoir lieu au mois de novembre 2015. La CGT-Cheminots, première organisation à la SNCF, a qualifié le 1er juillet 2015 de "déni démocratique" la perte transitoire de sa représentativité au sein de la nouvelle entité en charge du réseau ferroviaire, à laquelle sont rattachés quelque 50 000 agents.

Cette situation est la conséquence de la fusion, effective au 1er juillet 2015, des 149 000 salariés de la SNCF et 1 500 employés de Réseau ferré de France (RFF). Le groupe public ferroviaire né au 1er janvier est désormais composé de trois établissements publics: SNCF Mobilités (90 000 salariés), SNCF Réseau (51 000) et un établissement de tête (9 000).

L'ex-RFF ayant techniquement absorbé l'ancienne branche SNCF chargée du réseau (ex-SNCF Infra), c'est la représentativité du comité d'entreprise de RFF qui prévaut à SNCF Réseau en attendant les premières élections, théoriquement prévues en novembre. Or, la CGT-Cheminots, premier syndicat de l'ex-SNCF Infra (40%), n'était pas représentative chez RFF.

Gilbert Garrel, secrétaire général de la CGT-Cheminots, a dénoncé devant la presse un "déni de représentativité" et "un coup de force démocratique" à l'occasion d'une manifestation qui a réuni 150 cheminots devant le siège de SNCF Réseau à Paris, a constaté l'AFP.

Une délégation a remis une pétition "de plus de 20 000 signatures" pour "exiger le maintien de la représentativité de la CGT et SUD", selon Gilbert Garrel. La CGT "ne peut pas déposer de préavis de grève" pour les 51 000 salariés en charge du réseau et "la CFDT et l'Unsa ont profité de cette situation pour signer un accord d'intéressement pour les salariés du réseau", déplore le patron de la CGT-Cheminots.

Signe d'un climat social très dégradé, CGT et SUD ont récemment dénoncé l'autre accord signé par les deux syndicats réformistes sur l'architecture des futures instances, la gestion transitoire des comités d'établissement (CE) et la possibilité de recourir au vote électronique.

La CGT s'élève notamment contre le regroupement le 19 novembre de l'ensemble des élections internes (conseil d'administration, délégués du personnel des CE, etc...) et milite pour des élections reportées au printemps 2016 pour les délégués du personnel.

Vouloir retarder les élections qui rétabliront sa représentativité auprès des salariés du Réseau, c'est "paradoxal","incompréhensible", souligne-t-on du coté de la CFDT et de l'Unsa.

La CGT ne cache pas espérer tirer profit d'un printemps que tous prédisent socialement agité en raison des négociations prévues sur le temps de travail.

(AFP)