Le feuilleton est sans fin. La société Uber et deux de ses responsables seront jugés le 30 septembre 2015 en correctionnelle pour UberPOP, a annoncé le parquet de Paris le 30 juin. Uber France, son directeur général Thibaud Simphal et le directeur d'Uber pour l'Europe de l'Ouest, Pierre-Dimitri Gore-Coty, comparaîtront notamment pour pratique commerciale trompeuse, complicité d'exercice illégal de la profession de taxi et traitement de données informatiques illégal.

Des faits présumés d'"organisation illégale"

La veille, Pierre-Dimitri Gore-Coty et Thibaud Simphal, étaient en garde à vue. Ils avaient répondu à une convocation de la brigade d’enquêtes sur les fraudes aux technologies de l’information (Befti).

Cette convocation entrait dans le cadre d'une enquête ouverte le 27 novembre 2014 qui vise des faits présumés d'"organisation illégale" de "système de mise en relation de clients avec des personnes qui se livrent au transport routier (d'autres personnes) à titre onéreux".

L'enquête vise aussi des faits présumés de "conservation illégale de données à caractère personnel au-delà de la durée prévue préalablement à la mise en œuvre du traitement", a précisé la source judiciaire, et de possibles infractions à la loi informatique et libertés de 1978.

Dans ce cadre, le siège parisien d'Uber France, dans le XIXe arrondissement avait été perquisitionné, le 17 mars 2015, sur ordre du parquet de Paris.


Thévenoud en service après-vente

Le 29 juin 2015, Thomas Thévenoud, auteur de la loi relative aux taxis et aux voitures de transport avec chauffeur (VTC), a réuni les fédérations de taxis et de VTC à l'Assemblée. L'objectif ? Assurer "le service après-vente" de sa loi après les violences commises lors de la journée de manifestation du 25 juin 2015. Le député a indiqué que la vingtaine de participants présents "ont tous redit leur opposition au service UberPOP et redemandé l'application de la loi, toute la loi".

La préfecture de police a annoncé, le 27 juin 2015, le renfort de 200 policiers supplémentaires qui viennent s'ajouter aux 80 policiers en charge des taxis parisiens, afin de lutter contre l'application UberPOP.

Macron s'explique

Enfin, la veille, le ministre de l'Économie avait tenu à clarifier la position de la France lors d'un déplacement aux États-Unis : il a déclaré qu'il fallait faire la distinction entre UberPOP, pratique "illégale " dans l'hexagone et la compagnie de VTC, Uber".

"Il faut arrêter cette polémique archaïque qui consiste à vouloir stigmatiser les VTC", a poursuivi le ministre se disant "favorable à ce qu'il y ait plusieurs offres. (...) Il est normal qu'il y ait de l'innovation, de nouvelles pratiques dans le secteur de la conduite".

Uber n'a pas attendu les propos du ministre pour annoncer le 25 juin 2015, le lancement d'Uberboat à Istanbul en Turquie, un service de navettes fluviales entre les deux rives du Bosphore...

Florence Guernalec (avec AFP)