Pourquoi avez-vous placé votre congrès sous le thème des "solutions anti-crise"?
Arnaud
Rabier : Nos adhérents sont, comme toutes les collectivités, confrontés à des problèmes budgétaires. Comme elles serrent leurs budgets, nous avons aujourd’hui beaucoup de questions qui tournent autour de l’optimisation de l’offre des réseaux.

Optimisation ou réduction de l’offre ?
Le but, c’est d’augmenter le nombre d’usagers dans le réseau. Il existe des modèles d’optimisation où l’on déplace l’offre des zones à faible clientèle vers des zones plus denses, ce qui permet de donner une nouvelle dynamique au réseau. C’est une ingénierie que nous mettons à la disposition de nos adhérents.

Quel genre de solutions allez-vous présenter ?
Elles sont multiples. Nous allons présenter une solution liée au transport à la demande. Nous avons aussi des solutions en matière d’information voyageurs parce que, si l’on informe mieux les voyageurs, on peut gagner des clients. On peut également augmenter les recettes commerciales grâce à des outils marketing différents de ceux qui sont utilisés aujourd’hui. Certains réseaux l’ont expérimenté, et l’on voit que ça a porté ses fruits. Je pense, notamment, à Belfort.

Belfort qui fait une pause en ce moment...
Oui, en effet, le réseau fait une pause en termes d’offre, mais pas en termes de marketing. Leur vision est novatrice, elle a montré son efficacité.

Le message que vous allez passer à vos adhérents, c’est qu’en période de crise il faut savoir rebondir, et on peut rebondir intelligemment.
C’est cela, on peut rebondir intelligemment. Beaucoup de solutions existent qui permettent d’attirer davantage de clients et de développer les recettes, sans pour autant réduire l’offre, ce qui doit arriver en dernière extrémité.

Parmi vos adhérents, la crise a-t-elle un impact différent en fonction de la taille des agglomérations ?
Non, aujourd’hui, toutes les collectivités sont touchées, quelle que soit leur taille, par la baisse des dotations et du rendement du VT. Après, les conséquences peuvent être différentes. Les grandes agglomérations font des arbitrages en fonction de leurs projets, même si elles sont quand même obligées de continuer à investir dans leur réseau. Dans les petites agglomérations, les besoins de la population en transport public sont de plus en plus importants à cause, justement, de la crise. On en voit encore qui créent des services de transport là où il n’existait pas de réseau. C’est le cas de Granville, qui a récemment créé un réseau communal. Ce n’est pas un luxe, mais une nécessité pour les habitants. Aux collectivités de le faire intelligemment et au moindre coût.

Quels seront les autres moments forts de ces journées ?
Nous avons programmé plusieurs conférences. Il ne s’agit pas de grands débats prospectifs comme le font très bien le Gart et l’UTP, mais de véritables boîtes à outils traitant de sujets opérationnels. Ce sont des formats courts où un expert intervient pendant quarante-cinq minutes puis répond aux questions de la salle. C’est une formule que nous avons lancée en 2008 et qui a fait ses preuves.
Nous organisons également un salon avec 70 exposants qui viendront présenter leurs matériels et leurs services et, notamment, une offre de véhicules électriques allant des minibus aux bus standard. Il y aura, par exemple, le standard électrique proposé par la société espagnole Irizar à laquelle notre adhérent Marseille vient d’acheter six exemplaires. Il y aura aussi le Businova de Safra, le Bluebus de Bolloré, le Breda…
Il y aura aussi une surprise pour fêter le 30e anniversaire des journées Agir, un événement qui a su s’imposer dans le paysage professionnel, à côté du salon Gart-UTP. La meilleure preuve est qu’il y a de plus en plus de non-adhérents qui viennent à ces journées qui sont ouvertes à tous.

Propos recueillis par Robert Viennet

L'intégralité de l'interview est à retrouver dans le magazine Transport Public de juin 2015