"Ce compromis équilibré tient compte des demandes des élus en termes de trafic, d'horaires, mais aussi des contraintes financières des uns et des autres, y compris des collectivités territoriales", a déclaré à la presse à Bordeaux Jean Auroux, qui boucle un dernier round de réunions en régions avant la remise de ses recommandations au gouvernement et à la SNCF.

S'agissant des dessertes, "il y aura des insatisfactions, c'est sûr", a déclaré l'ancien ministre socialiste du Travail. "Il n'y aura peut-être pas toutes les demandes auxquelles ils avaient souscrit, c'est vrai, mais il y aura des gains de temps, de nouveaux matériels, des rames (Euroduplex) plus rapides grandes, confortables, connectées (...) : il y en a peu qui pourront se plaindre..."

L'Aquitaine sera "une des régions les mieux servies", a insisté Jean Auroux, qui va recommander 22,5 TGV aller-retour Bordeaux-Paris par jour, dont 13,5 TGV "bolides" sans arrêt (au lieu de 11 aujourd'hui), un total qui selon lui fait mieux que rivaliser avec Lyon par exemple (22 aller-retour dont 15 bolides), métropole pourtant plus peuplée. Des villes intermédiaires ne seront pas oubliées, avec par exemple 4 allers-retours directs de 2h50 entre Paris et Libourne.

Lisea, société concessionnaire de la LGV, s'est quant à elle dite "inquiète pour la réussite du projet" après les préconisations de Jean Auroux, qui selon elle "ne prennent aucunement en compte les attentes exprimées". La filiale de Vinci estime dans un communiqué qu'"une desserte ainsi dégradée est incompatible avec les ambitions d'une métropole européenne" comme Bordeaux.

"Nous sommes très déçus. A la SNCF, qui met en avant ses difficultés financières, nous on dit qu'il faut créer de l'offre pour aller chercher des clients", a expliqué Laurent Cavrois, président de Lisea, lors d'un point presse à Bordeaux."Nous souhaitons rouvrir les négociations avec tous les acteurs: SNCF, Etat et collectivités", a-t-il souligné.

(AFP)