Le prolongement de la ligne 11 se résume pour l'instant à un puits de 7 mètres de diamètre, plongeant dans le sous-sol de Rosny-sous-Bois pour vérifier la qualité des terrains qui vont être traversés par les tunneliers.

Un simple puits mais qui avait attiré ce 1er juin 2015, de nombreux élus et personnalités franciliennes parmi lesquels deux des candidats à la présidence de la région, Claude Bartolone et Valérie Pécresse, le président actuel, Jean-Paul Huchon, Philippe Yvin, président de la Société du Grand Paris et la PDG de la RATP, Elisabeth Borne, dont c'était la première sortie officielle depuis sa nomination voici deux semaines.

Ce prolongement de 5,4 kilomètres au départ du terminus actuel de la ligne à Mairie des Lilas, ira jusqu'à Rosny-Bois-Perrier (93), au contact de la ligne E du RER et de la future ligne 15 du Grand Paris Express. Dans un second temps, la ligne sera prolongée jusqu'à la gare de Noisy-Champs et sera interconnectée avec le RER A et la ligne 16 du Grand Paris Express.

Le coût de ce prolongement jusqu'à Rosny-Bois-Perrier, inscrit au contrat de plan État-région 2015-2020, est évalué à 1,3 milliard. Rappelons que cette ligne sera en automatisme intégral, ce qui nécessitera des travaux sur les 13 stations existantes.

Interrogations sur le financement


En avril 2015, juste avant de quitter la tête de la RATP Pierre Mongin s'inquiétait de voir que le financement de cette ligne n'était pas bouclé. "Il manque la part du bloc local (ville de Paris, département de Seine-Saint-Denis)", constatait-il.

Une inquiétude reprise par Valérie Pécresse qui, dans un communiqué daté du 31 mai 2015, fustige "l'égoïsme" de la ville de Paris : "Madame Hidalgo n'entend financer ce projet qu'à hauteur de 10% de ce que l'État lui demande, générant ainsi un trou dans le budget de 89 millions d'euros". La candidate UMP aux régionales s'inquiète par ailleurs du fait que le conseil départemental de Seine-Saint-Denis "pourtant le premier concerné (…) n'a toujours pas annoncé le montant de sa participation financière".

Réponse de Stéphane Troussel, président du conseil départemental de la Seine-Saint-Denis : "Nous allons contribuer largement à ce projet parce que c'est indispensable pour notre territoire." Coté Ville de Paris, Emmanuel Grégoire, adjoint d'Anne Hidalgo, qui considère que ce prolongement bénéficiera autant aux parisiens qu'aux banlieusards a déclaré que "la ville de Paris est très heureuse de contribuer à ce projet et l'accompagnera ardemment pour notamment veiller à ce que le calendrier puisse ne pas trop déraper."

Un dérapage déjà entamé puisque ce prolongement ne devrait être inauguré qu'en 2022 au lieu 2019-2020 comme prévu. Pour éviter des retards supplémentaires, l'ensemble des maîtres d'ouvrage, collectivités locales et concessionnaires de services publics ont signé une charte des travaux préparatoires censée mieux coordonner les travaux et limiter les nuisances pour les riverains.

Robert Viennet