A Marseille, la RTM souhaite réduire l’impact de ses 600 bus sur l’environnement. Pour cela, elle mène de front plusieurs expérimentations de motorisations alternatives au diesel. Dernière en date, annoncée le 19 mai 2015, la mise en service de deux bus équipés d’un système de climatisation au CO². "Cette technologie existe depuis plusieurs années en Allemagne, mais elle n’a jamais été expérimentée en France et encore moins dans une zone chaude", explique Cédric Saulier, directeur du matériel roulant à la RTM.

Concrètement, il s’agit de remplacer le gaz réfrigérant R134A - qui sera interdit dans les véhicules particuliers en 2017 - par du CO². "Ce gaz a la particularité de ne pas être à effet de serre. De plus, c’est un gaz inerte, donc il ne pose pas de problème de sécurité particulier". Seul inconvénient : la nécessité de le compresser dix fois plus que le RD134 A pour obtenir la même capacité de refroidissement.

Ce système requiert, en effet, des pressions de 120 à 200 bars. Ce qui occasionne plusieurs contraintes techniques. "Il faut disposer d’un compresseur puissant et équiper les bus de tuyaux en inox. Ce n’est pas simple à installer".

Ce test sera mené sur deux véhicules Evobus en exploitation. Plusieurs indicateurs seront mesurés : la fiabilité du système, le type de panne, l’efficacité en réfrigération, le système de régulation et la qualité de confort.

Pour Pierre Reboud, directeur de la RTM, "si les résultats sont positifs, nous multiplierons ce type d’équipement". Car la prudence est de mise à la RTM. "Nous ne voulons pas nous lancer tête baissée et aveuglément dans des solutions qui ne sont pas complètement éprouvées".

Cap sur l’électrique


Dans cet esprit, le transporteur marseillais teste, depuis un an et demi, deux bus hybrides de 18 mètres fabriqués par Mercedes. Leur particularité ? Ils sont équipés de moteurs-roue qui font avancer l’autobus par le biais d’une batterie. "Quand son niveau est faible, le moteur thermique se remet en marche pour la recharger", précise Cédric Saulier.

Autrement dit, le bus fonctionne 100% à l’électricité une bonne partie du temps. Autre intérêt : une autonomie quasi illimitée puisque correspondant à celle du réservoir de carburant.

A l’heure actuelle, chacun de ces deux bus a parcouru 40 000 kilomètres. Les premiers retours d’expérience sont positifs avec une baisse de la consommation de gazole de l’ordre de 12 à 18% selon la typologie des lignes et du taux de charge. Côté maintenance, Cédric Saulier affirme "qu’il n’y a aucun problème lié à cette technologie pour l’instant. Néanmoins, il faut attendre quatre ans pour avoir une vision précise dans ce domaine".

Achat de 6 bus Irizar


La RTM teste également depuis deux mois, deux bus Irizar de 12 mètres, 100% électriques. D’une capacité de transport de 80 à 90 personnes, ces deux véhicules ont parcouru 2600 kilomètres depuis leur mise en service en novembre 2014, soit en moyenne 150 kilomètre par jour. "Aujourd’hui, ils disposent d’une autonomie moyenne de 14 heures pouvant monter jusqu’à 16 heures. Par ailleurs, leur temps de rechargement est d’environ 5 heures".

Pour poursuivre cette expérimentation, le conseil d’administration de la RTM a décidé, le 17 avril 2015, d’acquérir six autres véhicules de ce type, dont le premier exemplaire devrait être livré à la fin de cette année. "Pour l’instant, nous souhaitons acquérir de l’expérience et des données par rapport à ces nouvelles motorisations. Nous pensons que dans les trois à cinq ans qui viennent nous pourrons nous engager de manière ferme, indique Pierre Reboud, à condition que les prix soient considérablement réduits à l’investissement."

Pour mener à bien cette expérimentation, la RTM va débourser près de 2,4 millions d'euros. "Ce prix n’est pas significatif, car il correspond à du matériel prototype. Aucun transporteur n’ira acheter 100 bus à ce prix là", assure le directeur de la RTM.

En attendant, la régie a lancé un module d’acquisition portant sur une quarantaine de bus thermiques par an répondant aux normes euro 6. "Une quantité que nous pourrions réduire, voire interrompre pour passer à l’électrique".

Christine Cabiron