77 ans après sa fermeture, la ligne ferroviaire entre Avignon et Carpentras sera rouverte aux voyageurs le samedi 24 avril 2015. A raison de treize allers-retours par jour, il faudra 30 minutes pour se déplacer entre ces deux villes. Un temps de parcours qui se veut concurrentiel par rapport à l’usage de la voiture. "Par la route il faut entre 45 minutes et 1h15", précise Jean-Yves Petit, vice-président en charge des transports au sein de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur.

Cette liaison ferroviaire vise également à accompagner l’urbanisation, particulièrement forte dans le secteur nord du Vaucluse qui abrite 180 000 habitants et 85 000 emplois. "Cette ligne est donc un élément essentiel d’aménagement du territoire". Selon les prévisions, 4 500 voyageurs devraient l’emprunter quotidiennement.

13 allers et retours par jour


La fréquence des trains va augmenter progressivement. En septembre 2015, quinze allers-retours seront organisés sur cet axe de 5h20 à 22h30. "A terme, il y en aura vingt par jour. Mais cela ne sera possible que lorsque nous aurons réceptionné les dix Regiolis que nous avons commandés". Trois ont été livrées en décembre 2013, trois autres le seront cette année et les quatre dernières rames sont attendues en 2016.

La rénovation de l’infrastructure et la création de trois haltes ferroviaires à Carpentras, Monteux et Entraigues représentent un investissement de 117 millions d’euros. Un budget pris en charge par l’État, la région, le conseil général du Vaucluse, les collectivités locales et RFF.

1,60€ le voyage


Pour tordre le cou à l’idée que le train est cher, Jean-Yves Petit met en avant la gamme tarifaire régionale Zou ! "Avec une carte 50/75%, le prix du voyage sera de 1,60 euro avec l’achat d’un carnet de dix tickets. Pour un déplacement en voiture, il faut compter environ 5,50 euros".

L’intermodalité ne sera pas en reste. Grâce à un accord passé avec le conseil général du Vaucluse, les voyageurs pourront indifféremment utiliser les TER ou les cars départementaux avec le même titre de transport. Cette organisation est déjà en vigueur dans les Bouches-du-Rhône entre Aix-en-Provence et Marseille, ainsi qu’entre Marseille et Aubagne.

Ouvertures de lignes en série


La réouverture de cette ligne ferroviaire est l’un des projets inscrit au contrat de plan État-région 2007-2014. Avec un volet ferroviaire de 1,5 milliard d’euros, ce CPER a permis de financer plusieurs actions visant à accroître la capacité de transport.

Fin 2013, la Région mettait en service une troisième voie entre Cagnes-sur-Mer et Antibes et la virgule entre Avignon-centre et Avignon-TGV. Un an plus tard, une troisième voie était également ouverte entre Aubagne et Marseille.

Par ailleurs, des travaux actuellement en cours, vont permettre d’améliorer les dessertes entre Toulon et Hyères. D’ici la fin de l’année, cette axe verra circuler 24 trains par jour contre 7 actuellement. "Le taux de réalisation des travaux inscrits au CPER est proche de 90%", se félicite Jean-Yves Petit. Ces travaux ont permis d’augmenter l’offre ferroviaire de 7%, ce qui représente 1 million de kilomètres supplémentaires.

Ces investissements sont destinés à rattraper le retard structurel pris par cette région dans le domaine des transports publics.  Depuis la décentralisation des TER en 2002, cette collectivité a investi 387 millions d'euros pour accroître et moderniser le parc roulant. L’offre a par ailleurs progressé de 37% (13 millions de trains/km), tandis que la fréquentation, avec 27 millions de voyages en 2014, a bondi de près de 54%.

En 2015, le conseil régional de PACA consacrera 320 millions d'euros au fonctionnement des TER.

Christine Cabiron