À l’heure où toutes les agglomérations font la chasse aux économies et souhaitent optimiser leur réseau de transport public, Nantes Métropole démontre que la suppression d’une partie de l’offre de transport n’est pas forcément synonyme de dégradation du service public. Au contraire.

En 2014, l'opérateur du réseau la Semitan, dont Transdev est actionnaire, affiche de très bons résultats. La fréquentation – soit 130,4 millions de voyageurs – est en hausse de 3 % en 2014 par rapport à 2013. Les recettes commerciales, qui s’établissent à 56 millions d’euros, ont elles aussi progressé de 36,4 % entre 2009 et 2014 et de 3,9 % l’année dernière. Enfin, le ratio recettes sur dépenses s’est élevé à 39,8 %, en progression de 2,5 % depuis 2009, année où la collectivité a décidé de revoir l’offre de transports. Contraintes budgétaires obligent. Ce qui s’était traduit par la suppression d’un million de kilomètres.

Le bus se met au niveau du tram

"Cela peut paraître contradictoire quand on dit que le transport public doit assurer un service sur l’ensemble d’un territoire. Néanmoins, il ne faut jamais oublier qu’il y a une équation économique", rappelle Alain Boeswilwald, directeur général de la Semitan, qui relativise aussi la baisse de l’offre : "Il s’agissait de kilomètres très expansifs qui ne touchaient que 0,4 % de la clientèle. Pour augmenter la fréquentation, il faut concentrer l’offre là où il y a une réponse-client." Cette volonté s’est concrétisée au travers du programme Chronobus qui a été développé à partir de 2012. "Sur les cinq dernières années, nous avons injecté deux millions de kilomètres supplémentaires", poursuit le directeur du réseau urbain TAN.

7 lignes, 70 km, 70 000 voyageurs

Ces Chronobus, dont les niveaux de site propre varient de 30 % à 70 %, reprennent dans l’ensemble l’itinéraire de lignes de bus traditionnelles qui ont été rationalisées. "Nous les avons rendues plus directes et rapides pour accroître la vitesse commerciale et la régularité." Et ce, au travers d’aménagements urbains réalisés "à coûts maîtrisés et lorsque l’emprise le permettait".

Aujourd’hui, l’agglomération compte sept Chronobus, soit un réseau d’environ 70 kilomètres. Un projet qui représente un investissement de 70 millions d’euros. Pour continuer cette série de "7", la fréquentation s’élève en moyenne à 70 000 voyageurs par jour. "Ces lignes affichent une augmentation de trafic de l’ordre de 50 % depuis leur lancement", affirme Alain Boeswilwald. La C5 qui traverse l’Île de Nantes a vu son trafic passer de 5 000 voyageurs par jour à près de 12 000 aujourd’hui. La C1 transporte, pour sa part, 20 000 voyageurs par jour. Les lignes desservant les communes de la seconde couronne génèrent un trafic de 5 000 à 7 000 passagers. Pour le directeur général de la Semitan, "ce succès est lié aux standards de qualité". À savoir : une ponctualité garantie et une fréquence élevée de 6 à 8 minutes en heure de pointe et de 12 à 15 minutes en heure creuse.

Christine Cabiron

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