Grâce à la construction de ces 2,4 kilomètres supplémentaires, l’aéroport de Toulouse-Blagnac sera accessible en 18 minutes au départ du pôle multimodal d’Arènes. Cette antenne de la ligne 1 du tramway contribuera à densifier le maillage du réseau urbain grâce aux correspondances qui seront assurées avec la ligne A du métro et la liaison ferroviaire à destination de Colomiers, intégrée à la tarification urbaine.

"Lorsque nous avons construit la première ligne de tramway, deux destinations étaient en concurrence : le pôle d’Aéroconstellation et l’aéroport de Toulouse", rappelle Jean-Michel Lattes, président du syndicat mixte des transports en commun (SMTC), en charge du réseau Tisséo. A l’époque, l’arbitrage s’est fait en faveur d’Aéroconstellation (où est notamment implanté Airbus) car le potentiel de fréquentation était plus élevé. "Ce qui explique que lorsqu’Envol sera en service, deux rames sur trois continueront à desservir ce pôle".

Trois ans de travaux


La construction de cette branche, projet lancé en 2009, a nécessité trois ans de travaux et un investissement de 73,43 millions d’euros. Un chantier coûteux du fait notamment de la construction d’un viaduc pour enjamber l’autoroute A 621. Il n’empêche que le budget initial a été dépassé de 18,4 millions d’euros. En cause, la réalisation d’aménagements urbains supplémentaires tels que la création d’une piste cyclable le long de la voie. Une décision nécessitant de procéder à de nouvelles acquisitions foncières.

Autre cause ayant gonflé la facture : la plantation de végétaux et l’engazonnement de la plate-forme sur 60% de son itinéraire. Le tout nécessitant la mise en place d’un système d’arrosage automatique. "La société en charge des espaces verts à fait faillite. Cela peut paraître secondaire, sauf que le réseau d’irrigation passe sous les voies. Ce qui a bloqué le chantier", précise l’élu.

9 500 voyageurs par jour attendus

Avec trois stations, Envol desservira la zone aéroportuaire qui compte plus de 14 000 emplois. Cette nouvelle liaison permettra ainsi de combler le retard pris à Toulouse en matière de desserte des zones d’activités en transport public. "Jusqu’à présent, nous nous sommes focalisés sur les zones d’habitat". Pour marquer cette nouveauté, l’inauguration devait être ciblée sur le monde industriel. "Nous voulons montrer qu’Envol est un outil au service des professionnels et des salariés". Mais cette inauguration officielle prévu le 10 avril n'aura finalement pas lieu. Un communiqué en date du 7 avril 2015 explique que "le contexte social au sein de Tisséo-Régie n'est pas propice".  

Avec une amplitude de 5h15 à 0h30 (jusqu’à 1h30 les nuits du vendredi et samedi), Tisséo prévoit de réaliser sur cette ligne 9 500 voyages par jour. Jusqu’à présent, l’aéroport était desservi par une navette bus. Celle-ci sera maintenue pour deux principales raisons. D’une part parce qu'elle emprunte un itinéraire différent de celui du tramway en passant par le Nord de Toulouse, ce qui élargit la zone de couverture des transports publics. D’autre part pour des raisons économiques. "Cette navette est fréquentée par 50 à 60 000 voyageurs par mois. C’est la seule ligne "rentable" du réseau". Et pour cause, son prix est actuellement de 5,5 euros. "Nous allons suivre de près l’impact qu’Envol aura sur ce service avant de prendre la décision d’arrêter ou non cette navette".

Christine Cabiron