"C'est la première fois depuis la fusion (NDLR : entre Veolia transport et l'ancien Transdev) que nous présentons de bons résultats", s'est réjoui Jean-Marc Janaillac, PDG de Transdev, en présentant à la presse les résultats de son groupe pour 2014. Il y a deux ans le dirigeant qui venait de prendre les rênes de l'entreprise s'était fixé un triple objectif : réduire la dette qui à l'époque atteignait 1,9 milliard d'euros, revenir à l'équilibre en 2015 et, enfin, "interrompre l'hémorragie des contrats notamment urbains des années précédentes."

En 2014, la dette est passée sous la barre des 900 millions d'euros sous l'effet de l'augmentation de capital (560 millions) souscrite par les actionnaires, les cessions d'actifs et l'amélioration du résultat opérationnel qui a doublé (107 millions contre 53 en 2013). "Pour la première fois depuis la fusion, le groupe a gagné de l'argent affichant un résultat net part du groupe positif à 24 millions d'euros, contre une perte de 130 millions en 2013".

Un CA en légère baisse


Le chiffre d'affaires du groupe s'élève à 6,6 milliards d'euros, soit autant qu'en 2013. A ceci près qu'en 2013, Transdev n'avait pas intégré dans ce CA, ses activités en Suède et en Finlande (520 millions) qu'à l'époque le groupe souhaitait vendre. A périmètre constant le chiffre d'affaires est donc en baisse de 4,2%. "Principalement à cause de la perte de notre contrat ferroviaire de Boston début 2014 et de plusieurs contrats aux Pays-Bas en 2013", a expliqué Jean-Marc Janaillac en précisant qu'il s'agissait du chiffre d'affaires des sociétés contrôlées par le groupe, ce qui exclut celles où il n'est pas majoritaire. "Sans cela notre chiffre d'affaire aurait dépassé les 7 milliards."

Malgré ces pertes, l'année 2014 aura été marquée par "un taux de renouvellement exceptionnellement élevé des contrats remis en concurrence aussi bien en France, notamment dans le transport interurbain, qu'à l'étranger." Ce fut le cas, entre autres, du tramway de Dublin (LUAS), des systèmes de transit de San Diego et Phoenix ou du réseau ferroviaire de Weser Ems Netz en Allemagne. Transdev a également remporté quelques nouveaux contrats comme le Val de Roissy, "une belle vitrine en perspective du Grand Paris", ou le tramway de Sydney. Et l'année 2015 commence bien avec le gain, il y a quelques jours, d'un contrat de 200 millions d'euros pour l'exploitation du réseau HWGO dans la banlieue de Rotterdam. "C'est le premier contrat offensif gagné par Connexxion depuis 2007", a indiqué Jean-Marc Janaillac.

De nouvelles ambitions


Ayant retrouvé du souffle sur le plan financier et "stabilisé son périmètre géographique", le groupe va pouvoir reprendre sa marche en avant. D'autant plus que le difficile cas de la SNCM devrait se régler cette année. Ainsi, en 2015, Transdev va commencer à "examiner les possibilités de développement dans de nouveaux pays". S'il ne précise pas lesquels, Jean Marc Janaillac a rappelé les trois types de marché sur lesquels il se positionne actuellement : les marchés européens matures (en particulier la France et les Pays-Bas) ; les pays développés à fort potentiel (USA, Australie) et les pays émergents (Asie, Amérique latine). A partir de 2016, le CA du groupe devrait à nouveau progresser "pour dépasser 8 milliards en 2020", a indiqué le dirigeant.

Pour concrétiser "cette ambition retrouvée", Transdev s'appuiera sur ses expertises et notamment le transport à la demande (TAD) dont il est un des leaders aux Pays-Bas et aux USA tant dans le secteur régulé que commercial (VTC), ou le transport médico-social. Le groupe s'apprête également à investir le nouveau marché des cars longue distance. D'ici juin sera dévoilée la marque sous laquelle seront exploitées "à partir du 1er juillet" la quarantaine de lignes de ville à ville qui seront progressivement lancées dans l'hexagone.

Amélioration des marges en France


Transdev souhaite par ailleurs "amplifier la démarche d'innovation du groupe" en travaillant sur deux axes : la transition énergétique et le numérique. Le groupe qui exploite la première ligne française de bus électrique à biberonnage à l'aéroport de Nice, va mener des expérimentations du même type en Finlande et aux USA et devrait, en 2019, transformer l'ensemble du parc de la ville de Haarlem aux Pays-bas en bus électriques.

Sans surprise Jean-Marc Janaillac a rappelé que son groupe qui bénéficie d'une longue expérience ferroviaire en Allemagne et en Suède (10% du CA du groupe), était prêt à expérimenter avec les régions pour les TER ou avec l'État pour les TET, une ouverture à la concurrence du transport ferré avant la date de 2019 prévue par le règlement OSP.

Concernant le marché hexagonal qui représente le plus gros marché du groupe (40% du CA), Laurence Broseta directrice générale France de Transdev constate "une légère amélioration des marges du secteur même si la concurrence reste vive." Le groupe a revu son organisation en créant onze régions qui correspondent peu ou prou aux périmètres des nouvelles régions française qui verront le jour en 2016.

Robert Viennet