Que vous inspire l’avis défavorable de la commission d’enquête publique sur la poursuite de la LGV Sud Europe Atlantique au sud de Bordeaux ?

Nous sommes dans une phase attendue, la commission d’enquête a rendu son avis - négatif - sur les deux branches de GPSO (Grand projet du Sud-Ouest),Toulouse d’une part et Dax de l’autre. Je n’ai pas les documents puisque la procédure veut qu’ils soient transmis à SNCF Réseau qui a quatre mois pour répondre, le gouvernement ayant ensuite un délai de dix-huit mois pour prendre la déclaration d’utilité publique ou pas. Néanmoins, ce que j'en sais - et ce n'est pas une surprise - c'est que cela pose des questions environnementales, mais aussi sur le modèle de la grande vitesse qui ont déjà été soulevées avec l'avis rendu sur le projet de LGV Poitiers-Limoges.

Allez-vous suivre cet avis ?

Il est tout à fait prématuré d’en tirer des conclusions. Il ne s’agit que d’un avis qui ne lie pas le gouvernement. De toute façon, nous aurons d’abord à prendre connaissance des réponses de SNCF Réseau et aussi à saisir le conseil d’État dans le délai prévu. Il s’agit d’un grand projet. Il ne faut pas oublier ses ambitions européennes et d’aménagement du territoire.

Craignez-vous que, dans le doute, certaines collectivités qui cofinancent Tours-Bordeaux contre la promesse d'avoir ensuite Bordeaux-Dax et Bordeaux-Toulouse retirent définitivement leur apport financier au tronçon actuel ?

La poursuite de la ligne est un projet à assez long terme puisqu’on parle d’un horizon à 2027 pour la ligne sur Dax par exemple. L’actualité, c’est la préparation de la mise en service de Tours-Bordeaux en 2017 avec le choix des dessertes. La discussion actuelle provient d’un modèle de financement qui avait été imaginé par d'autres et dont je suis chargé d'assurer l'exécution. Un modèle certes singulier puisqu'il consistait à échanger des participations financières contre les dessertes. Tout le débat de la mission qui est confiée à Jean Auroux, c’est d'essayer de trouver un équilibre. On devrait y arriver dans un cadre juridique et financier un peu particulier.


Propos recueillis par Marc Fressoz