"En 2014, nous avons passé la marche avant", a résumé Jean-Pierre Farandou, président de Keolis lors de la présentation des résultats du groupe. Le chiffre d’affaires est en hausse de 9,3% à 5,6 milliards d’euros (x2,5 en dix ans). 50% est réalisé à l’international. Une croissance essentiellement organique (+8,7%) liée à une consolidation des contrats existants et à la mise en route de nouvelles exploitations dont le Royaume-Uni, les États-Unis (Boston), et l’Australie (Gold Coast).

La rentabilité économique du groupe (EBITDA) affiche également une hausse de 15,4% à 323 millions d’euros. Keolis préserve une structure financière solide malgré une dette nette en augmentation de 40 millions d’euros à 608 millions. Le groupe a recruté 6900 nouveaux collaborateurs dont 3700 en France, et compte désormais 60 000 salariés.

Sur le marché français, Keolis est parvenu à augmenter les recettes commerciales - +4,3% pour les quinze plus gros réseaux urbains.
Le groupe ambitionne également de renforcer sa présence sur l’interurbain. Keolis a acquis, en 2014, les autocars Striebig (25 millions d’euros de CA, 250 cars). "C’est un marché en phase de concentration. La loi NOTRe va l’accélérer et pourrait favoriser les ventes", a expliqué Frédéric Baverez, directeur exécutif Groupe pour la France. Parallèlement, sa filiale Effia confirme sa position de numéro deux du stationnement. Depuis son acquisition par Keolis, l’opérateur est passé de 65 000 à 138 000 places en cinq ans et a multiple son chiffre d’affaires par 1,75.

Autre événement majeur de 2014, le renouvellement du contrat de Bordeaux pour huit ans. C’est la troisième plus importante DSP en France avec 1,7 milliard d’euros de chiffre d’affaires cumulé. Dans les deux ans, l’agglomération deviendra le plus grand réseau de tram en France avec 80 kilomètres de lignes. "C’est une vitrine importante pour le groupe avec l’exploitation la plus performante et innovante et son approche globale de la mobilité", a souligné Frédéric Baverez.

Une vitrine à Bordeaux comme à Lyon qui permettent à Keolis de gagner des appels d’offres à l’étranger. Pour mettre toutes les chances de son côté, le groupe a mis en place quatre plateformes régionales structurées (Royaume-Uni, Europe continentale, Amérique du nord, Australie Nouvelle-Zélande). Un investissement de 20 millions d’euros en 2014 récurrent. Chaque structure comporte des équipes d’experts chargés d’améliorer les contrats existants et de développer leurs zones respectives. "Nous récoltons, aujourd’hui, les fruits de notre nouvelle organisation", a souligné Jean-Pierre Farandou qui a annoncé, l’acquisition de l’un des principaux opérateurs de bus du pays, Australian Transit Enterprise (ATE) pour un montant de 115 millions d’euros.

Keolis a également investi 18 millions d’euros en 2014 pour répondre aux appels d’offres internationaux et annonce un chiffre similaire cette année. Une stratégie payante puisque le groupe a notamment remporté deux franchises importantes en Grande-Bretagne (DLR, le métro automatique de l’est londonien et TSGN, les trains de banlieue du Grand Londres sur l’axe Nord-Sud), mais aussi le futur réseau de tram de Waterloo au Canada… En 2015, Keolis inaugurera le métro aérien automatisé d’Hyderabad en Inde (72 kilomètres de lignes).

L’objectif de Keolis pour 2015 est de continuer à accompagner les collectivités à optimiser leur réseau. Comment ? "En les aidant à trouver une meilleure contribution tarifaire (et non pas forcément à augmenter les prix), à lutter contre la fraude, à adapter l’offre notamment par un recours accru aux TAD (transport à la demande) et en réduisant la taille des véhicules, mais aussi en leur proposant des solutions mutualisées d’information voyageurs", a précisé Frédéric Baverez.

Keolis mise ainsi sur son projet d’entreprise Keolife décliné dans les 300 filiales du groupe. Ce programme d’amélioration continue couvre l’engagement des collaborateurs, la responsabilité sociétale, l’excellence opérationnelle et la performance économique. "Nous voulons qu’il y ait une Keolis Touch et que Keolis devienne une marque mondiale forte", a déclaré Jean-Pierre Farandou.

Ce projet d’entreprise s’exprime autour de trois valeurs  : "We imagine, we care, we commit". "Ces valeurs sont un moteur de développement plus important qu’on ne croit et un facteur d’intégration. C’est stratégique, en particulier, dans le monde anglo-saxon où l'on se définit par ses valeurs", a insisté Jean-Pierre Farandou qui regarde déjà en 2017. Le groupe prévoit de réaliser 7 milliards d’euros de chiffre d’affaires et d’atteindre au moins 80 000 collaborateurs.

Florence Guernalec