Le coup d’envoi des travaux des "Ateliers Jourdan-Corentin-Issoire" a été donné le 19 février 2015. Située au sud de Paris, dans le XIVe arrondissement, la parcelle est aujourd’hui en friche. L’ancien dépôt de bus du "Petit-Montrouge", construit en 1884, a été rasé l’année dernière. Non seulement l’entrepôt n’avait plus une capacité suffisante, mais il n’était plus adapté à la densité urbaine du Paris d’aujourd’hui.

Aussi, la RATP a développé un vaste programme immobilier divisé en trois parties. Il comprend la construction de 650 logements : 350 logements étudiants, 90 logements privés et 170 logements sociaux – dont la moitié sera destinée à des salariés de la RATP. "Machinistes et agents de stations seront ainsi logés au plus près de leur lieu de travail", explique Rémi Feredj, directeur du département valorisation immobilière de la RATP. De plus, dans cet îlot, la ville de Paris va construire une crèche de 66 places, une halte-garderie de 33 places et un local associatif. Un commerce de 200 m2 va voir le jour au rez-de-chaussée. Et en sous-sol, sur l’ensemble de la parcelle, seront logés les ateliers de maintenance et le nouveau centre bus, qui contiendra 195 places de remisage – contre 130 auparavant.

La filiale logement de la Régie, Logis-Transports, coordonne la maîtrise d’ouvrage (1). Le dépôt de bus agrandi sera livré début 2017 et les logements à la mi-2017, annonce la RATP.

2000 logements à construire


Ce programme est la première illustration d’un protocole signé en décembre 2014 par la régie et la ville de Paris. Profiter de la restructuration des sites industriels de la RATP pour construire, en hauteur, des logements, c’est l’objectif des deux partenaires. Ainsi 2000 logements - dont au moins 50 % de logements sociaux – vont voir le jour sur huit sites parisiens de la régie,essentiellement des dépôts de bus et des ateliers de maintenance. Et ce d’ici 2024 au plus tard.

Mais la RATP n’a pas attendu ce protocole pour se lancer. Ainsi, en juin prochain va être livré le nouveau dépôt de bus de Lagny-Pyrénées, dans le XXe arrondissement : 30 000 m2 pour le remisage et la maintenance, et, au-dessus, 30 000 m2 de bureaux.

Une opération blanche grâce à la rente foncière


L’ensemble du programme des Ateliers Jourdan coûte 145 millions d’euros, dont 48 millions pour le centre bus. Mais c’est une opération blanche pour la RATP puisque le nouveau dépôt est intégralement financé par les droits à construire vendus aux différents maîtres d’ouvrage : Logis-Transports pour les logements sociaux, Eiffage Immobilier pour les logements privés, et la ville de Paris pour les équipements publics.

"Le haut paie le bas, résume Rémi Feredj : les logements et les équipements construits au-dessus financent, via la rente foncière, la reconstruction du centre bus en sous-sol". Ce modèle économique, où dépenses et recettes s’équilibrent, est permis par la flambée des prix du foncier dans la capitale. Et à l’heure où Paris et la région Ile-de-France cherchent à combler le déficit criant de logements, la politique de valorisation immobilière de la RATP fait mouche.

Nathalie Da Cruz