Pour montrer l'importance qu'il porte aux contrats de plan État-région (CPER), mais avec sans doute une petite arrière-pensée politique pour les élections régionales, Manuel Valls a décidé de faire le tour de France des régions pour les signer les uns après les autres. Et les rares qu'il ne signera pas lui-même le seront par François Hollande. Après les Pays de la Loire, la Bourgogne, la Bretagne le Languedoc-Roussillon et les deux Normandie, c'était donc au tour de l'Ile-de-France de recevoir la visite du premier ministre, le 16 février 2015.

Le contrat de plan État-région 2015-2020 en Ile-de-France est richement doté par l'État qui apporte une enveloppe de 2,9 milliards d'euros, ce qui fait au total, 7,3 milliards d'euros en comptant la participation de la région. Soit une hausse de 34% par rapport au précédent qui couvrait la période 2007-2013. C'est le volet mobilité qui se taille la part du lion avec 5,31 milliards.

Le nouveau Grand Paris en absorbe la plus large part avec 4,4 milliards d'euros et les grands projets comme le prolongement d'Eole à l'Ouest, celui de la ligne 11 du métro à Rosny-Bois-Perrier, les tangentielles ferroviaires, le prolongement de plusieurs lignes de tramway ou bien la poursuite du développement de TZen, les lignes de bus à haut niveau de service. A côté de ces infrastructures lourdes, la région développera des voies réservées aux bus et cars sur les autoroutes et consacrera 10 millions d'euros pour la politique vélo.

Pour Valérie Pécresse (UMP), ce CPER n'est "clairement pas à la hauteur des besoins, alors que les Franciliens attendent un Plan Orsec pour des transports qui n’ont jamais été aussi dégradés." Pour la chef de file de l'opposition au conseil régional, la situation est d'autant plus difficile qu’il manque près de 2 milliards d'euros de recettes à la SNCF et à la RATP pour financer, dans les six ans qui viennent, le passe Navigo à tarif unique." Selon l'élu qui s'appuie sur une étude de 2b2p, le coût du passe Navigo à tarif unique s’élèvera, chaque année, à 523 millions d’euros (M€) dont 313 à la charge du conseil régional.

Robert Viennet