MobiliCités: Comment fonctionne votre solution Path to Park ?
Yves-Marie Pondaven : Le principe est d'exploiter différents jeux de données pour connaître les habitudes des conducteurs et extrapoler les zones où il y a le plus de chances de trouver des places de stationnement libres. Parmi ces jeux de données figurent, bien entendu, les informations issues de nos horodateurs. Les tickets des automobilistes permettent de savoir à quelle heure une rue est saturée ou non. Nous exploitons aussi les données trafic fournies en open data par les collectivités, où encore les horaires et localisations des marchés. Toutes ces informations sont traitées par des algorithmes mathématiques qui nous permettent de prédire les emplacements libres plusieurs heures à l’avance.
Lorsqu'un automobiliste cherche une place, il lance son application mobile Path to Park qui va localiser sa position géographique grâce aux fonctions GPS du smartphone. L'application va, ensuite, lui proposer un itinéraire empruntant les rues les moins congestionnées aux alentours. Outre le stationnement en voirie, l'application proposera également des places de parkings publics, via des partenariats que nous sommes en train de signer avec des exploitants de parkings.

Orange propose déjà un système de guidage sur smartphone vers des places de stationnement libre, en partenariat avec la start-up californienne Streetline. Cette solution exploite des capteurs au sol pour détecter en temps réel les places libres en voirie. En quoi Path to Park apporte une plus-value par rapport ce type de solution avec capteur au sol ?
Yves-Marie Pondaven : Nous sommes tout d'abord moins chers, puisqu'il n'y a pas de capteur au sol à installer avec Path to Park. A raison de plusieurs centaines d'euros l'installation d'un capteur, le coût de ces solutions est loin d'être négligeable. Pour notre part, nous allons proposer Path to Park gratuitement pour les collectivités, comme pour l'utilisateur final. Le business modèle n'est pas encore totalement arrêté, mais la solution devrait être sponsorisée par de la publicité et par les commissions que nous verseront les exploitants de parkings.
Ensuite, nous estimons que le guidage en temps réel n'a pas prouvé son efficacité, car il possède un gros effet pervers. Ce type d'application vous indique qu'une place est disponible immédiatement à tel endroit. Mais le temps que vous y arriviez, la place est souvent déjà occupée. Dans une grande agglomération comme Paris, une place reste libre moins d'une minute. C'est la limite de ce type de système, qui a d'ailleurs été abandonné dans certaines villes américaines, notamment à San Francisco.

Votre solution arrive sur le marché à quelques mois de la dépénalisation et décentralisation du stationnement en France. A compter du 1er janvier 2016, toute la gestion du stationnement en voirie sera en effet transféré de l'Etat vers les collectivités. Path to Park est-il un moyen pour Parkeon de se positionner sur ce nouveau marché ?
Thierry Brusseaux : Ce n'est pas un hasard du calendrier. Parkeon n'est plus uniquement un vendeur d'horodateurs, mais c'est aussi une société de services. Et Path to Park vient enrichir notre offre de services. Avec la dépénalisation et décentralisation du stationnement, les collectivités cherchent de nouvelles solutions pour optimiser le stationnement en voirie. Elles ne prévoient pas d'augmenter les places disponibles. Leur objectif premier est plutôt de réduire la fraude au stationnement qui atteint 70% en France en moyenne. En réduisant cette fraude, elles vont augmenter le turnover sur les places disponibles et donc développer l'offre de stationnement. Un des leviers pour augmenter le taux de respect du stationnement est de le rendre plus simple et plus attractif. C'est ce que permet Path to Park en aidant les automobilistes à parcourir les derniers mètres vers une place libre. Dans le même esprit, notre solution de paiement mobile Whoosh! facilite le paiement du ticket grâce au smartphone.

Où et quand sera déployée votre solution ?
Thierry Brusseaux :
Issy-les-Moulineaux est la première ville à tester le dispositif. Nous allons ensuite déployer la solution dans d’autres villes d'Ile-de-France. A l'international, nous discutons avec une dizaine de villes, notamment au Royaume-Uni, en Italie et aux États-Unis. Enfin, côté plateforme mobile, après iOS, Path to Park sera déclinée pour smartphones Android courant 2015.

Propos recueillis par Christophe Guillemin