Et de trois ! Après BoosTer et PrioriT, la direction régionale SNCF de Provence-Alpes-Côte d'Azur va mettre en œuvre un nouveau plan de redressement. Baptisé Rebond, celui-ci vise à diviser par quatre le nombre de trains supprimés, et par deux les problèmes de régularités liés aux travaux et à la maintenance du matériel roulant. Une décision prise après une année catastrophique en matière de qualité de service. En atteste le nombre de trains supprimés (8%) et ceux qui ont eu plus de cinq minutes de retard (18,3%). 

"2014 est la plus mauvaise année depuis la régionalisation où le taux d'irrégularités cumulées s'établissait à 23,7%. L'année dernière, nous avons atteint 25,5%", rappelle Jean-Yves Petit, vice-président du conseil régional en charge des Transports. Un "record" dont ne s'enorgueillit pas l'élu. C'est pourquoi, conscient de l'impact de ces défaillances sur les 110 000 usagers quotidiens du TER, la région a demandé à la SNCF de faire un geste commercial envers les abonnés empruntant les lignes les plus perturbées. Ces mesures ont été présentées, le 6 janvier 2015, lors d'une conférence de presse organisée à Marseille.

Des "grève de confort"

Ces dysfonctionnements ne sont pas nouveaux. Le dernier épisode en date remonte à février 2014 où les services TER ont été réduits de 7,5%, faute de pouvoir assurer l'entretien des trains. Ce plan de transport allégé (qui a coûté, à l'époque, 1,8 million d'euros de pénalités à la SNCF), n'a pas réglé les problèmes. Et ce malgré l'ouverture les nuits et le week-end du centre de maintenance de la Blancarde. "Il y a un vrai problème d'organisation, peut-être de formation et de compétences", note Jean-Yves Petit. 

Autre raison expliquant ces dysfonctionnements : les 75 jours de grève survenus en 2014. Sur les 8% de trains supprimés, 5% étaient liés à des conflits sociaux. "Nous pouvons imaginer des désaccords entre les salariés et leur directeur, mais pas dans ces proportions. En 2014, nous avons atteint le summum…" . Certains arrêts de travail ont même été qualifiés de "grève de confort" par la direction régionale de la SNCF. Notamment celles qui se sont déroulées pendant les fêtes de fin d'année. "Si le dialogue social était rétabli, nous pourrions fortement réduire le nombre de trains supprimés", estime l'élu.

Peu d'impact sur la fréquentation

La troisième cause impactant la régularité des trains provençaux est inhérente aux travaux opérés sur plusieurs lignes. "La SNCF a tellement séparé ses activités qu'elles sont devenues hermétiques les unes aux autres et ne communiquent plus entre elles", déplore Jean-Yves Petit. Cette absence de transversalité se répercute sur la diffusion de l'information. "Dans une situation dégradée, non seulement l'usager subit le retard ou la suppression, mais en plus il n'a pas l'information pour pouvoir s'organiser. Cette situation est inacceptable". C'est pourquoi, dans son nouveau plan d'actions pour 2015, la SNCF envisage de dupliquer une expérimentation menée dans les Hautes-Alpes pour géolocaliser les cars TER de substitution. 

Seul point positif de cette situation : le peu d'impact sur la fréquentation. Alors que les régions ont vu leur trafic TER baisser de 3 à 5% en 2014, celui de Provence-Alpes-Côte d'Azur accuse un recul de seulement 1%. "Sans les 75 jours de grève, nous aurions dû en toute logique voir la fréquentation continuer de progresser", note Jean-Yves Petit. Depuis 2007, le nombre de voyageurs et l'offre ont respectivement augmenté de 27% et de 24% en PACA. En 2015, le conseil régional consacrera un budget de 280 millions d'euros au fonctionnement des TER.