Lancé en 2008 par la précédente majorité, le projet du tramway d'Avignon devait compter à l'origine deux lignes de 9 et 5 kilomètres pour un coût de 250 millions d'euros. Mais, après les municipales de mars 2014 qui ont vu Cécile Helle (PS), opposante farouche au tramway, s'emparer de la mairie d'Avignon, les élus de l'agglomération ont décidé de remettre le projet à plat.

En juillet 2014, Jean-Marc Roubaud (UMP) président de l'agglomération, commandait une étude auprès d'experts "pour étudier toutes les options possibles". A savoir : est-il préférable de mener à bien le projet des deux lignes de tramway compte tenu des sommes déjà engagées, mixer ligne de tramway et ligne de BHNS ou bien tout réaliser en BHNS ? MobiliCités avait révélé les grandes lignes de ce rapport remis aux élus avignonnais en décembre 2014.

C'est donc le scénario médian qui a été retenu par les édiles de l'agglomération qui n'avaient à vrai dire guère le choix. Le projet de deux lignes de tramway avait déjà englouti 30 millions d'euros en études et travaux. Un abandon total aurait coûté une quarantaine de millions supplémentaires en indemnisation pour Alstom qui a reçu commande de 24 rames de tramway en 2013, et SNC Lavallin qui assure la maîtrise d'œuvre du projet. S'ajoutait à ces sommes, un risque juridique important concernant un éventuel remboursement du versement transport.

"C'est un mini-tram qu'on nous propose aujourd'hui. Ce (nouveau) projet est un leurre y compris pour les acteurs économiques locaux ", a estimé Cécile Helle après le vote.

Robert Viennet