Quel est le point commun entre la Fédération nationale des transports de voyageurs (FNTV), la Chambre syndicale du déménagement (CSD), la Chambre nationale des services d’ambulances (CNSA) et la Fédération des entreprises de la sécurité fiduciaire (FEDESFI) ? Chaque fédération, prise séparément, ne remplit pas les nouveaux critères de représentativité patronale fondés sur le nombre d’entreprises adhérentes, et non sur leur poids en termes du nombre de salariés du secteur. Ces quatre fédérations du secteur du transport ont, donc, décidé de créer la Confédération nationale de la mobilité (CNM) qui leur permet de répondre aux critères de la loi du 5 mars 2014 en rassemblant au moins 8% des entreprises qui adhèrent à toutes les organisations professionnelles.
 

Des interlocuteurs privilégiés

 

 

La CNM regroupera, de fait, 3000 entreprises de la branche et environ 140 00 salariés. "Aujourd’hui, nous sommes représentatifs au regard de la loi. Nous participerons à la signature des accords avec les partenaires sociaux, nous participerons aux différentes structures de formations et sociales, mais chacune de nos fédérations continuera son existence propre et sera l’animateur de ses propres sujets. Nous tenons à rester les interlocuteurs de nos partenaires sociaux", a expliqué, Michel Seyt, président de la CNM et président de la FNTV lors de la conférence de presse de lancement de la confédération. 

Une période d'observation

 

Concrètement, chaque adhérent de ces organisations patronales, sera également adhérent de la CNM. C’est la condition sine qua non pour être représentative. Du 1er janvier 2015 au 31 décembre 2016, l’Etat va, en outre, observer que la nouvelle structure est active. Autrement dit, qu'elle rassemble bien des adhérents, dispose de son propre budget et de représentations sur le territoire nationale, et mène des actions. Ce ne sont pas les sujets qui manquent pour la confédération : prévention de la pénibilité, rénovation de la convention collective nationale des transports routiers, négociations annuelles obligatoires (NAO)… La CNM a opté pour une présidence tournante qui change tous les ans.

Une question de survie

 

La loi du 5 mars 2014 n’a pas donné beaucoup d’options à ces organisations patronales alors qu’elles rassemblent, pourtant, une large partie des entreprises de leur secteur à l’image de la FNTV : 1200 entreprises adhérentes employant 50 000 salariés sur un total de 80 000. "Si nous n’avions rien fait, dans deux ans nous ne serions non-représentatifs de manière définitive. Or, nous avons la responsabilité de la signature de nos accords sociaux. Il n’était pas question que cela passe pas pertes et profits", a expliqué Michel Seyt. La FNTV ne se voyait pas non plus devenir une branche d’une grosse fédération…

Une confédération ouverte aux autres

 

SI chaque organisation professionnelle - FNTV, CSD, CNSA, FEDESFI - a vocation à traiter ses proposes sujets, la CNM fera la promotion de la mobilité, "un sujet qui est une préoccupation quotidienne des citoyens", a insisté Michel Seyt. "Avec la CNM, nous ne nous marginalisons pas, c’est l’inverse, nous sommes des acteurs à part entière du débat sur les sujets de mobilité", a-t-il ajouté. Ainsi, la CNM est prête à accueillir d’autres organisations patronales. Son président a regretté que la FNTR et TLF qui atteignent le seuil des 8%, aient, pour l’instant, décliné l’offre.