"Je sonne le tocsin et je préfèrerais éviter de sonner le glas", a alerté le président de la Fédération des industries ferroviaires, Louis Nègre, qui appelle à un "sursaut qui doit venir en France de l'État, qui subventionne tous les segments". "J'en appelle à un État stratège pour avoir une vision sur le moyen-long terme," a-t-il ajouté.

La Fédération des industries ferroviaires (FIF) a annoncé lors d'une conférence de presse organisée conjointement avec la Fédération des industries mécaniques (FIM) et le Syntec-ingénierie que la baisse des commandes de matériel roulant "s'écroulait dès 2016 sur la plupart des segments" et que les premiers plans sociaux "commençaient malheureusement à se mettre en place".

Outre l'appel lancé aux pouvoirs publics pour qu'ils lèvent des options sur des contrats de TER et prennent des décisions claires sur les Intercités, les acteurs du ferroviaire proposent plusieurs solutions. Ils invoquent notamment la nécessité de "standardiser" les matériels, notamment les TER, pour éviter une trop grande sophistication des trains qui renchérit leur coût et constitue un frein à l'export. "Il faut une politique du volume pour faire des économies d'échelle, souligne Louis Nègre. Faire des trains trop chers, trop sophistiqués nous empêche de vendre."

La filière propose aussi d'expérimenter une "ouverture à la concurrence régulée" sur certains segments comme celui des Intercités. Pour le délégué général de la FIF, Jean-Pierre Audoux, il s'agirait d'attirer les investissements d'autres acteurs que la SNCF, qui conserve le monopole sur le réseau voyageurs mais tend à se repositionner dans le même temps sur des activités non ferroviaires, comme c'est le cas avec iDBUS.

Le plan de modernisation du réseau existant, annoncé en avril 2013 mais qui n'a pour l'instant, selon la FIF, été suivi d'aucun effet, pourrait par ailleurs être intégré dans le plan d'investissement Juncker de 315 milliards d'euros.