En avance ou en retard pour prendre leur car, les abonnés du réseau départemental Lila peuvent désormais faire appel aux automobilistes pour se rendre à Pornic, Saint-Brévin-les-Pins et Pontchâteau au départ de Saint-Nazaire. Pendant cinq semaines – du 17 novembre au 19 décembre 2014 – il leur suffira d’actionner un bouton sur une borne d’appel installée sur le pôle d’échanges de la gare de Saint-Nazaire. Le département de Loire-Atlantique expérimente, ainsi, une nouvelle forme de mobilité, basée sur le covoiturage spontané.

Prototype léger


"Le covoiturage n’est pas un concurrent du transport public", affirme Jean-Yves Plotteau, vice-président délégué aux mobilités. "De plus, c’est bon pour l’environnement, le porte-monnaie et pour diminuer les bouchons aux entrées des agglomérations". D’où l’idée d’encourager cette pratique. "Le transport collectif n’arrivera jamais à détrôner la voiture. Nous avons donc besoin du covoiturage, car nous n’arriverons jamais à transporter tous les usagers, à moins d’interdire la voiture !", plaisante l’élu. Pour mettre en œuvre cette expérimentation, la collectivité a déboursé quelques milliers d’euros. "La borne est un prototype léger qui fonctionne à l’énergie solaire".

Une borne et trois boutons


Concrètement, ce service baptisé « Lila + » est opérationnel en fin de journée au moment où les besoins de déplacements sont les plus importants. Les abonnés n’ont aucune démarche à réaliser pour bénéficier de ce service. Il leur suffit de signaler leur présence sur la borne d’appel dotée de trois boutons correspondant aux trois destinations proposées. "Un signal lumineux indique que quelqu’un cherche une voiture", précise l’élu. Ensuite, il suffit d’attendre qu’un automobiliste passe les récupérer sur une aire de stationnement sécurisée, prévue à cet effet.

Un macaron pour les automobilistes


A contrario, les automobilistes souhaitant se prêter au jeu doivent s’inscrire auprès du conseil général afin de recevoir un macaron personnalisé. Seule obligation imposée au moment de la prise en charge : l’envoi d’un SMS indiquant le nom de l’abonné et celui du conducteur. "Nous souhaitons simplifier les déplacements, faciliter la mobilité collective et renforcer les liens entre les voyageurs de Loire-Atlantique. Le but est qu’il n’y ait pas de transaction financière. Cela répond à une envie de voyager autrement".

162 aires de covoiturage labéllisées


Par ailleurs, le conseil général a aménagé 162 aires de covoiturage labéllisées. "Face au succès, il va falloir envisager des extensions", note Jean-Yves Plotteau. En 2009, le site internet dédié au covoiturage créé par le Département, a été mutualisé avec Nantes Métropole et la communauté d’agglomération de Saint-Nazaire. Aujourd’hui ce site est géré par Ecolutis, filiale du groupe SNCF via IDVROOM. Aujourd’hui, il compte 32 000 membres et 11 000 trajets ont été réalisés en covoiturage.

Christine Cabiron