Joël Bruneau, maire de Caen et président de la communauté d'agglomération de Caen la mer, et le président de Viacités, Rodolphe Thomas, ont fait cette annonce lors d'une conférence de presse, le 5 novembre 2014. Cette nouvelle équipe, aux manettes de l'agglomération depuis mars dernier, a pris cette décision après plusieurs mois de réflexion. Durant la campagne municipale, ils étaient plutôt opposés à cette solution, portée par la précédente majorité, qui risquait de peser lourd sur l'endettement de la collectivité. Le projet était, en effet, de réaliser les deux lignes en même temps, soit un budget de 300 millions d'euros.

Les nouveaux édiles ont décidé de couper la poire en deux en remplaçant, comme prévu, le TVR par un tram fer en 2019, tout en réalisant dans les mêmes délais, une petite ligne de 1,5 kilomètre (900 mètres de ligne nouvelle) pour desservir des équipements majeurs de l'agglomération installés sur la presqu'ile. Résultat, le coût du projet rentre dans une enveloppe budgétaire plus soutenable de 230 millions d'euros (valeur 2014). La ligne 2 qui prolongerait cette "virgule" de 1,5 kilomètre sur une dizaine de kilomètres supplémentaires vers l'Ouest est projetée pour 2024.

Caen attend deux coups de pouces de l'Etat

La transformation de la ligne 1 en tramway fer, coûtera 197 millions d'euros pour 15,4 kilomètres d'infrastructure auxquels s'ajoute la construction d'un dépôt commun aux deux lignes au Sud et la création d'un arrêt supplémentaire pour desservir un lycée. Elle sera ponctuée de 35 stations et verra circuler 20 rames de 32 mètres de long. Elle devrait transporter 64 000 voyageurs par jour contre 42 000 aujourd'hui pour le TVR.

La ligne desservant la presqu'ile sera longue de 1,7 kilomètre (6 stations) dont 800 mètres en tronc commun. Elle verra circuler quatre rames de 32 mètres. Son coût est évalué à 33 millions d'euros.

Si les élus ont un peu avancé leur décision, prévue à l'origine fin 2014, c'est parce qu'ils avaient jusqu'au 31 octobre pour proposer leur projet modifié au 3e appel à projets mobilité durable du gouvernement. Ils espèrent bénéficier, dans ce cadre, d'une aide de l'état de 36,3 millions d'euros.

Le reste du budget sera apporté par la région et le Feder (15 millions chacun) et surtout par le département, qui s'était engagé à soutenir le projet, à hauteur de 45 millions d'euros. L'Etat devrait donner un coup de pouce supplémentaire de 3,6 millions au titre de sa responsabilité dans l'échec du TVR.  L'agglomération de Caen puisera 14,5 millions sur ses fonds propres. Le reste (130 millions d'euros) sera financé par emprunt.

Robert Viennet