Alors que le 23 octobre 2014, la Cour des comptes pointait du doigt la dégradation de la marge opérationnelle de l’activité TGV depuis 2008 ; le même jour, un document interne de la SNCF, révélé par le site Economie Matin, listait les différentes mesures étudiées pour rétablir cette marge. Les équipes marketing avancent trois pistes :
- une augmentation des tarifs en première classe qui permettrait selon les scénarios de rapporter entre 10 et 15 millions d’euros supplémentaire par an ;
- un durcissement des conditions d’échange et de remboursement des billets au tarif loisir qui représenteraient un gain d’environ 25 millions d’euros ;
- une suppression des voitures bar pour les trajets de moins de 3 heures, soit une économie d’environ 12 millions d’euros.

Au final, ces augmentations de recettes et ces économies ne permettent même pas d’absorber la hausse des tarifs des péages de sillons : selon la SNCF, une augmentation de 5,8% comme en 2013, représente une charge supplémentaire de 100 millions d’euros sur l’année.

Refonte de la gamme tarifaire de la première classe

Premier scénario envisagé, la SNCF cible la clientèle professionnelle qui voyage en première. Il s’agirait d’augmenter la part fixe du billet : +12 euro du tarif pro occasionnel ; +6 euros du tarif pro fréquence sur les principales lignes TGV (+10 millions d ‘euros/an). Second scénario, une hausse de 8 euros pour tous les billets de première classe, soit un gain espéré de 15 millions d’euros même si ce chiffre ne prend pas en compte les voyageurs qui se reporteraient sur la seconde classe. Parallèlement, la SNCF envisagerait de généraliser le plateau repas, un coût qui vient s’ajouter au prix du billet.

Durcissement des conditions d’échange et de remboursement des billets loisir

La SNCF cible la clientèle de billets loisir (sans carte de réduction), les autres associés à des cartes de réduction ou à certaines périodes comme le week-end étant déjà soumis à des conditions d’échange et de remboursement restreintes. Les équipes marketing ont calculé que la mesure représenterait un gain de 25 millions d’euros, en tenant compte de la perte de clientèle.

Trois scénarios sont avancés :
- remboursement impossible à partir de 7 jours avant la date de départ, mais échange possible avec une retenue de 15 euros ; remboursement et échange impossible à J-1 ;
- remboursement impossible, mais échange possible jusqu’à 5 heures avant le départ avec retenue de 12 euros en ligne et 17 euros par téléphone (soit un alignement des conditions d’échange et de remboursement sur celles de l’iDTGV) ;
- échange de billet facturé 30 euros de 1 à 7 jours avant le départ ; 20 euros le jour du départ jusqu’à 1 heure après le départ du train

Suppression de la voiture bar

La restauration en seconde classe serait, ainsi, supprimée pour les voyages de moins de trois heures, hors Paris-Lyon et les week-ends. Cette mesure représenterait une économie de 12 millions d’euros environ.

Lors de son audition devant la commission du développement durable à l’Assemblée nationale en juin 2014, Guillaume Pepy, avait déjà annoncé que le projet de TGV du futur avait changé. Il affichait alors, comme objectif, un "TGV qui, au siège passager, serait 30% moins cher". Il évoquait l’idée d’augmenter le nombre de places par rame et de supprimer la voiture bar et de la remplacer par un chariot roulant. Il s’agissait de réduire les coûts de production afin de proposer des tarifs plus attractifs et de relancer le trafic voyageurs…

Florence Guernalec