C’est un attelage peu commun : une association écologiste, France Nature Environnement ; un acteur des transports en commun et du stationnement, Keolis ; un constructeur automobile via sa fondation, PSA ; et un spécialiste de l’entretien et de l’équipement de véhicules, Mobivia, réunis pour rédiger un guide sur la juste place de la voiture dans la mobilité de demain. Fini le dogme de la fin de la voiture tout comme le modèle de la voiture individuelle, place à "la voiture partagée, solidaire et interconnectée". L’ouvrage contient des initiatives de nouvelles mobilités dans des agglomérations importantes comme dans des villes moyennes, mais aussi des recommandations pour intégrer la voiture dans la mobilité durable.

Les auteurs de l’ouvrage s’adressent aux acteurs économiques et, plus particulièrement, aux élus et en charge de l’aménagement du territoire, L’objectif ? Mettre en œuvre des solutions "raisonnées, pertinentes et économiques de l’usage de la voiture", dixit Aurélien Braud, directeur marketing France de Keolis, c'est-à-dire complémentaires des transports en commun et des modes de déplacement doux. Cependant, les entreprises présentes n’attendent pas la grande loi qui régulerait les différents modes de déplacement de manière harmonieuse. "Il faut faire confiance aux opérateurs pour développer des solutions alternatives", a expliqué Fabrice Lepoultre, dg du pôle stationnement d’Effia (groupe Keolis).

Une clientèle diverse

Convaincu que la voiture sera à l’avenir davantage partagée, le groupe PSA via sa fondation née voici trois ans, a soutenu 200 projets autour de la mobilité. Auparavant, le constructeur automobile avait créé, en 2000, son propre think tank, L’Institut pour la ville en mouvement. "Nous avons à répondre à deux besoins extrêmes : d’un côté, les populations en grande précarité qui vivent en milieu périurbain et rural qui doivent avoir accès à la voiture ; de l’autre, les urbains CSP+ à qui il faut proposer une alternative à la voiture", a expliqué Patrice-Henry Duchêne, délégué général de la fondation PSA Peugeot Citroën.

Conscients qu’ils doivent s’adapter à cette nouvelle donne, les opérateurs, travaillent avec des start-up spécialisées dans l’autopartage, le covoiturage ou encore la location de véhicules classiques… à l’image d’Effia et de PSA qui mettent en oeuvre de nouveaux services. "Je rencontre 3-4 start-up par semaine, a annoncé Fabrice Lepoultre. Nous multiplions les partenariats avec des acteurs qui proposent des solutions de mobilité comme Wattmobile et Tripndrive." Le dg du pôle stationnement d’Effia a, cependant, souligné les carcans administratifs et réglementaires qui pèsent sur les opérateurs quand ils veulent installer, par exemple, des bornes de recharge électrique en sous-sol d’un parking. Or, pour que les véhicules électriques se développent, il faut pouvoir installer facilement et à des coûts raisonnables des bornes…

Une offre pour tous les besoins

De son côté, PSA met en place un éventail de services pour répondre aux différents besoins de mobilités. Le constructeur automobile est en train de déployer Mu by Peugeot, un service de location de vélos en libre-service, scooters, voitures et véhicules utilitaires. Sachant que 40 à 50% des voitures sont vendues à des entreprises, des collectivités et des loueurs, PSA a, également, lancé Share your fleet qui permet d’ouvrir sa flotte de véhicules à ses collaborateurs pour le soir et le week-end afin notamment de générer des revenus supplémentaires. Avec son partenaire Ouicar, PSA a, aussi, mis en œuvre le service d’autopartage, Multicity, qui permet de louer des Citroën entre particuliers. Enfin, PSA est présent dans le covoiturage via un partenariat avec BlaBlaCar et devrait faire des annonces sur ce marché le mois prochain…

Enfin, la puissance publique a un rôle à jouer, mais encore faut-il qu’elle soit en ordre de marche. "Il y a aujourd’hui un problème de gouvernance. Nous militons pour des autorités organisatrices de transport de la mobilité (AOM), et non comme aujourd’hui, un empilement de différentes compétences où chacun gère un mode de déplacement, a insisté Michel Dubromel, vice-président de France Nature environnement. Il faut une cohérence entre ces autorités organisatrices et des périmètres pertinents, au minimum au niveau de la métropole."

Télécharger gratuitement le guide "La juste place de la voiture dans la mobilité de demain"