C'est sans surprise que Louis Nègre (UMP), sénateur-maire de Cagnes-sur-Mer et premier vice-président de la Métropole Nice Côte d'Azur a été élu à la présidence du Gart pour un mandat de trois ans. Il remplace Roland Ries (PS), maire de Strasbourg, président du Gart depuis six ans et qui devrait être nommé 1er vice-président respectant ainsi l'équilibre politique de cette association d'élus.

La vague bleue des dernières municipales porte, ainsi, pour la première fois un élu de droite à sa présidence. Dans le discours qu'il a prononcé lors de l'assemblée générale, Louis Nègre a déclaré : "Cette alternance arrive à point nommé dans la mesure où la droite a largement fait sa révolution culturelle en matière de mobilité durable." Il en veut pour preuve "les politiques audacieuses conduites par des élus de terrain de droite comme Alain Juppé à Bordeaux ou Christian Estrosi à Nice."

Un secteur menacé

Si les rivalités politiques s'apaisent, c'est aussi parce que la crise économique est "toujours là, grave, profonde et sans perspective à court terme." La hausse de la TVA de 7 à 10% sur les transports publics et, surtout, la réduction des dotations de l'Etat aux collectivités locales de 11 milliards d'euros en trois ans, font peser de lourdes menaces sur un secteur qui pèse 2% du PIB et 600 000 emplois directs et indirects.

Le nouveau président a évoqué quelques un des dossiers qui seront "le fer de lance" de son action à court et moyen terme.

- L'appel à projets mobilité durable. Lancé en mai 2013 et doté de 450 millions d'euros par l'Etat, il est une victime collatérale de l'abandon de l'écotaxe. Pour le Gart il est urgent "que le gouvernement ne tarde plus à annoncer les ressources qui compléteront ce péage" pour pouvoir enfin lancer la centaine de projets que les collectivités locales ont dans leurs cartons. Selon nos informations, la rumeur d'une augmentation de deux centimes de la TICPE (ex-TIPP) sur le gazole pour abonder le budget de l'AFITF (Agence de Financement des Infrastructures de Transport de France) se heurterait à une opposition farouche de Ségolène Royal.

- La décentralisation du stationnement. C'est "Le" dossier dont le Gart est le plus fier. Après dix ans d'un lobbying très actif, l'association a enfin obtenu que cette compétence soit transférée aux collectivités locales. Reste à mettre en œuvre les dispositions de la loi adoptée à l'été 2013. Le Gart va travailler en étroite collaboration avec le délégué interministériel au stationnement, Jean-Michel Bérard, chargé de rédiger les décrets d'application de la loi qui doit entrer en vigueur dans deux ans. "Nous serons très attentifs au respect de ces délais", a indiqué Louis Nègre.

- La lutte contre la fraude. Longtemps reléguée derrière d'autres priorités, la lutte contre la fraude devient un problème majeur dans bon nombre de réseaux. La dégradation des fondamentaux économiques du transport public et des finances des collectivités n'y est sans doute pas étranger. Pour Louis Nègre, "il s'agit d'un enjeu majeur (…) qui fait perdre aux autorités organisatrices de transport, 500 millions d'euros par an." Soit davantage que l'appel à projet mobilité durable. "Le Gart entend donc s'engager résolument dans ce combat", a indiqué son président.

Autre sujet d'inquiétude, plus terre à terre celui-là, l'impact de la réforme territoriale sur les finances de l'association. Selon Louis Nègre, la disparition annoncée des département et la réduction du nombre de régions "pourraient faire chuter les ressources du Gart de 30%".

Robert Viennet