Les régions avaient exprimé, fin juillet, leurs inquiétudes sur la sécurité du système ferroviaire à travers une lettre de l’ARF adressée au secrétaire d’Etat aux Transports. Un peu plus d'un mois plus tard, Alain Vidalies annonce un plan d’actions pour la sécurité ferroviaire lors d’un déplacement à l’EPSF (1) à Amiens le 9 septembre 2014. Une série de mesures qui fait suite à l’audit Bertin diligenté par l'Etat, un "audit stratégique" sur la sécurité du système ferroviaire.

Ce plan d’action prévoit un renforcement du rôle de l’EPSF, l’autorité nationale de sécurité, placée sous la tutelle du ministère chargé des transports. Alain Vidalies demande notamment à l'EPSF de présider et d'animer un nouveau Comité d'Orientation de la Sécurité Ferroviaire. L’EPSF délivre, notamment, les autorisations d’exercer des activités ferroviaires et contrôle les acteurs, suit les niveaux de sécurité et diffuse les bonnes pratiques.

De plus, le secrétaire d’Etat demande que la maintenance devienne la priorité stratégique de la SNCF et RFF, alors que la réorganisation du système ferroviaire autour de trois EPIC doit justement clarifier les rôles, en particulier celui du gestionnaire d'infrastructure sur l'état du réseau ferré. "Il s'agit d'un enjeu de sécurité, et plus largement de qualité du service sur le réseau existant", a déclaré Alain Vidalies. Il faut "redonner de la force à la maintenance dans la culture d'entreprise", a-t-il ajouté, estimant que "la maintenance est la tache la plus noble (...) parce que derrière il y a la sécurité".

En outre, Alain Vidalies souhaite que la culture de la sécurité soit développée et renouvelée. Le Secrétaire d'Etat aux Transports demande, ainsi, à tous les acteurs d'être vigilants à cet enjeu de management.

Enfin, il a annoncé la création d’un comité de suivi annuel qui portera justement sur le suivi et la mise en œuvre des recommandations formulées par le Bureau Enquêtes Accidents (BEAT), et la mise en œuvre de ce plan d'actions pour la sécurité ferroviaire. Alain Vidalies présidera ce comité de suivi.

Les accidents de Brétigny-sur-Orge l’été dernier et celui de Denguin en juillet 2014, avaient jeté le trouble sur la sécurité du système ferroviaire français à la veille des vacances. Les dirigeants de la SNCF et RFF, Guillaume Pepy et Jacques Rappoport, ont eu beau répété lors de leur conférence de presse commue le 7 juillet 2014, que le système ferroviaire est "sûr", le gouvernement ne semble pas se satisfaire pas du bon niveau de sécurité de notre système ferroviaire par rapport à nos voisins, et semble considérer que les bonnes statistiques ne suffisent pas.

(1) EPSF : Etablissement public de sécurité ferroviaire