Les habitants de Janzé et Retiers, deux communes situées à une trentaine de kilomètres au sud de Rennes, n’avaient jusqu’à présent que le train pour se rendre dans la capitale régionale. Ce n’est plus le cas depuis le 1er  septembre 2014, puisque le conseil général d’Ille-et-Vilaine à créé une nouvelle ligne de car (la n°22) pour assurer ces déplacements. Depuis quelques années, ce territoire connaît un fort développement démographique et économique avec l’implantation d’entreprises et l’émergence de plusieurs zones d’activités. Conséquence : une augmentation des déplacements pendulaires. "Ce bassin de vie est desservi par une ligne ferroviaire à voie unique qui ne peut pas être électrifiée. De plus, elle est exploitée avec du matériel obsolète, les usagers voyagent souvent debout et plusieurs incidents techniques perturbent le trafic, constate André Lefeuvre, vice-président du conseil général, en charge des transports collectifs. Du coup, les élus locaux nous ont demandé d’organiser un service de transport collectif routier, non pas pour concurrencer la SNCF mais pour compléter son offre".

Expérimentation pendant 1 an

Un point sur lequel insiste l’élu départemental. "Nous avons créé des services quand il n’y a pas de trains : très tôt le matin, très tard le soir et en milieu de journée. Les horaires de la ligne 22 tiennent également compte de l’arrivée et des départs des TGV en gare de Rennes". Une organisation qualifiée "d’exemplaire" par le conseiller général. "Nous avons travaillé en étroite coopération et en toute transparence avec la région Bretagne. Cette coopération est un peu unique en ce sens où généralement le département ne couvre pas une zone desservie par le réseau ferroviaire". Pour la collectivité départementale, ce service représente un investissement de 290 000 euros. Il sera opéré par Illevia, la régie départementale des transports d’Ille-et-Vilaine. Avec 49 cars, cette structure assure d’ores et déjà l’exploitation de six lignes dans le sud du département. Pour gérer cette nouvelle ligne, trois agents ont été recrutés. Deux véhicules assurent quotidiennement treize trajets (6 au départ de Rennes et 7 dans le sens inverse) y compris pendant les vacances scolaires. Et ce jusqu’au 31 août 2015. Une durée limitée, car cette nouvelle offre s’inscrit dans le cadre d’une expérimentation. "Nous ne savons pas quel sera le comportement des habitants de ce secteur. Nous pensons que cette ligne devrait transporter 150 passagers par jour et générer environ 25 000 euros de recettes commerciales", indique néanmoins André Lefeuvre.

Tarification spécifique

Pour éviter que des transferts de flux ne s’opèrent du train vers la ligne 22, le conseil général a opté pour une tarification spécifique. "Nous ne voulions pas que les usagers du TER, et les scolaires en particulier, se rabattent sur le car parce que le prix est moins élevé que celui du train. Nous devons privilégier le mode ferroviaire qui est un transport de masse", précise le vice-président. De ce fait, les personnes titulaires d’un abonnement scolaire départemental ou régional ne peuvent pas circuler sur la ligne 22 avec ces titres de transport. La gamme tarifaire compte des billets unitaires (variant de 2,50 à 5,70 euros), un carnet dix voyages tout public, et un autre pour les moins de 26 ans. Elle comprend également des abonnements mensuels et annuels multimodaux avec le TER. "Avec un abonnement de ce type, il est possible de partir le matin en TER et de revenir le soir en car ou inversement". L’intermodalité a également été organisée avec le réseau urbain de Rennes.

"Cette ligne va rompre l’isolement de ce territoire et contribuer à le désenclaver", affirme André Lefeuvre. Le réseau Illenoo est composé de 30 lignes. Il transporte, chaque jour, près de 8 000 personnes. Chaque année, le Département consacre 9,5 millions d’euros au fonctionnement des transports interurbains.

EN SAVOIR PLUS : Arrêts d’interconnexion Facillenoo

Pour développer l’intermodalité, le conseil général d’Ille-et-Vilaine participe financièrement à la création de pôles d’échanges. Ces arrêts, baptisés Facillenoo, regroupent l’ensemble des modes de transport. Ils sont dotés de parkings pour les voitures, d’abris sécurisés pour les vélos, d’emplacements pour le covoiturage, d’espaces de cheminement pour les piétons, d’arrêts pour les réseaux locaux de transport public et des sanitaires. Ces lieux stratégiques de rabattement sont le point de départ des transports collectifs départementaux. Une vingtaine d’infrastructures de ce type devraient voir le jour d’ici 2019. "Lorsqu’elles seront créées, l’idée est d’augmenter la fréquence des cars Illenoo entre ces nœuds d’interconnexion modale et les différentes villes du département", précise André Lefeuvre, en charge des transports collectifs au département.