"La rame TER de type Z2 (Z 7364) assurant le train n°867285 de Pau à Dax, quitte Pau à 17h13 conformément à l’horaire théorique ; elle suit le TGV sur la même voie. Ce TER n°867285 marque également un arrêt devant le sémaphore S23 qui présente à ce moment un feu rouge à 17H27. Constatant le passage au vert du sémaphore S23 environ une minute après, le conducteur du TER repart alors à vitesse normale sans avoir contacté le Centre Opérationnel de Gestion des Circulations, considérant que la circulation précédente vient de quitter le canton protégé par le sémaphore S23", relate l’enquête interne de la SNCF menée en liaison avec RFF. La suite est connue : le TER a rattrapé le TGV et l’a percuté par l’arrière faisant 40 blessés dont quatre graves.

Alors que les premiers éléments recueillis après la collision de Denguin s’orientaient vers une erreur humaine, l’enquête interne de la Direction des Audits de SNCF menée en liaison avec RFF écarte toute responsabilité du conducteur du TER comme de l’agent chargé de réparer le feu de signalisation défectueux. Les premières constatations mettent en cause un contact entre deux fils conducteurs défectueux qui aurait fait passer le sémaphore 23 au vert alors que la portion de voie qu’il protégeait était occupée par le TGV n°8585.

Des fils dénudés dus à la présence de rongeurs dans le centre de signalisation. "Les règles de l’art en matière de protection contre les rongeurs, lors de la construction de ce centre, n’ont pas été respectées de façon exhaustive (mesures contre les intrusions, calfeutrement, …)", c’est le constat effectué, le 19 juillet 2014, à l’occasion de la visite des installations organisée par l’autorité judiciaire. Depuis, la SNCF a ordonné l’inspection d’ici au 10 août de 3000 guérites qui n’ont pas été visitées depuis neuf mois.

AInsi, l’enquête interne de la Direction des Audits de SNCF présente les les conclusions suivantes : "A ce stade de l’enquête :
- compte tenu des constats faits et des entretiens qu’elle a pu mener,
-constatant en particulier des traces de rongeurs dans le centre de signalisation et la présence de nombreux fils conducteurs partiellement dénudés,
-et sous réserve des expertises complémentaires à conduire,
la Direction des audits de sécurité privilégie l’hypothèse d’une réalimentation intempestive du relais de commande à voie libre du sémaphore 23 (S23). Cette réalimentation serait la conséquence directe d’un contact fortuit entre deux fils conducteurs partiellement dénudés et d’une conjonction de circonstances techniques exceptionnelles (proximité des câbles, présence de courant, mise en contact des conducteurs, par vibrations par exemple, séquence particulière conduisant à une conséquence sur un élément de sécurité).

L'enquête interne écarte donc toute erreur humaine, et défaillance de matériel roulant. "L’origine directe du rattrapage du TGV n°8585 par le TER n°867285 le 17 juillet 2014 n’est pas la conséquence :
-d’une anomalie dans la conduite des trains ni d’une mauvaise application de procédures de franchissement du signal sémaphore 23 par les conducteurs ;
-
ni d’une application non-conforme des mêmes procédures par les agents du centre opérationnel de gestion des circulations de Bordeaux ;
-ni d’une défaillance ou d’un défaut de maintenance des matériels roulants concernés (rame TGV 318, rames Z7264, Z7303 et Z7315)"

Enfin, la SNCF précise que "la présente enquête et son rapport ne sauraient en aucun cas se substituer aux investigations judiciaires, ni à celles du ministère, conduites par ailleurs."