Créée le 26 juin 2014 via un amendement déposé par le député PS, Olivier Faure, la taxe de séjour spécifique à l’Ile-de-France a été enterrée, le 16 juillet 2014, via plusieurs amendements déposés par le PS, l’UMP et l’UDI lors de la nouvelle lecture du projet de loi de finances rectificative 2014 à l’Assemblée. La taxe n’aura pas survécu au lobbying du secteur du tourisme qui a également obtenu la suppression du relèvement du plafond de la taxe de séjour communale de 1,50 euro à 8 euros. Ces hausses "sont dangereusement et totalement contraires à la promotion du tourisme qui est une priorité pour l'emploi et l'équilibre extérieur de la France", avait alors estimé le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius.

Retour à la case départ

Cette taxe de séjour spécifique à l’Ile-de-France de 2 euros par personne et par nuitée, destinée à financer les transports collectifs du Nouveau Grand Paris, devait rapporter 140 millions d’euros par an. Il s’agissait de tenir la promesse de l’Etat de trouver, dès 2014, 150 millions d’euros de recettes supplémentaires par an destinées à la mise en œuvre du plan de mobilisation pour les transports dans le cadre du Nouveau Grand Paris.

Le gouvernement, par la voix du secrétaire d’Etat chargé du budget, Christian Eckert, a promis aux députés de trouver le manque à gagner pour financer les infrastructures de transport parisiennes. Il s’agira de "dégager 140 millions d’euros en loi de finances initiale (pour 2015) grâce aux différents financements auxquels a réfléchi, en particulier, la mission d’évaluation et de contrôle du Parlement." De plus, Christian Eckert a confirmé, le 16 juillet 2014, que le gouvernement proposera "des mesures pour compléter le financement de l’AFITF (Agence de financement des infrastructures de transport de France), qui n’est assuré que jusqu’à la fin de cette année."

La manne de la SGP

En attendant les nouveaux financements, l’ordonnance du 26 juin 2014 relative à la participation de la Société du Grand Paris (SGP) à certains projets du réseau de transports en Ile-de-France, permet au Syndicat des transports d’Ile de France (Stif) de puiser dans les fonds de la SGP pour financer les prolongements d'Eole et de la ligne 11 du métro.
En effet, l’ordonnance prise par le gouvernement spécifie que "l'établissement public Société du Grand Paris peut financer des projets de création, d'extension, d'amélioration ou de modernisation d'infrastructures prévoyant au moins une correspondance avec le réseau de transport public du Grand Paris."
Le Stif voit ainsi, tomber du ciel, 2 milliards d'euros de financements supplémentaires (lire notre article).

Enfin, le 9 juillet 2014, le Premier ministre rappelait, dans une communication en Conseil des ministres, l’importance stratégique du Nouveau Grand Paris des transports. Manuel Valls annonçait même une accélération de certains chantiers comme la desserte de l'aéroport d'Orly, l'accessibilité du Plateau de Saclay par les lignes 14 et 18, et l'accessibilité, grâce à la ligne 17, des zones d'activité situées entre Pleyel et Roissy (lire notre article). Une déclaration d'intention qui ne résout la question du financement.