Plus que jamais le salon européen de la mobilité, qui ouvre ce 10 juin, se veut le point de rencontre de l'ensemble de la profession. Elus en charge des transports dans les agglomérations, départements et régions, opérateurs de transport, industriels et sociétés de service, c'est tout le petit monde de la mobilité des personnes qui a rendez-vous, trois jours durant à Paris, Porte de Versailles.
 
Thème principal de cette édition, les mobilités connectées qui sont en passe de révolutionner le quotidien de nos déplacements : Information voyageurs en temps réel, calculateur d’itinéraire sur Internet, paiement de son billet via son mobile, open data… Une cinquantaine d'exposants reconnaissables au pictogramme "mobilités connectées" présenteront leurs solutions.

Par ailleurs, les organisateurs ont décidé de mettre à l’honneur la ville brésilienne de Curitiba connue pour avoir inventée le concept de bus à haut niveau de service et qui a été classée la 3e smart city au monde par le magazine Forbes. Pour conserver cette place la cité brésilienne, qui a vu sa population tripler en 40 ans, vient tout juste de décider la construction d'une ligne de métro en PPP.

Enfin, pour cette 6ème édition, le GIE Objectif transport public qui regroupe les élus du Gart et les opérateurs de l'UTP, organise avec l’Union Internationale des Transports Publics (UITP), la conférence Moving Together qui rassemblera des personnalités européennes pour débattre des questions d'actualité. Et en France il n'en manque pas


Le train s'invite dans les allées


Le salon tombe en effet le jour même où les députés vont discuter de la loi habilitant le gouvernement à adopter des mesures législatives pour modifier la loi de 2005 sur l'accessibilité. Et une semaine avant l’examen du projet de loi réforme ferroviaire à l’Assemblée nationale. En ligne de mire, le désendettement du secteur. Les députés sont, notamment, divisés sur le "machin" alias l’EPIC de tête qui doit chapeauter RFF et la SNCF. Les opérateurs ferroviaires comme Transdev souhaitent pour leur part que l’ouverture à la concurrence du marché des TER soit abordée dans le texte.


L'écotaxe vite


Autre sujet d'actualité le devenir de l'écotaxe poids lourds rebaptisée du doux nom d’écoredevance par la mission d’information Chanteguet,. Son rapport qui prévoit, notamment, d’établir pour tous les transporteurs une franchise kilométrique mensuelle fait consensus chez les élus comme le secrétaire d’Etat aux Transports, Frédéric Cuvillier. Ségolène Royal semble isolée sur ce dossier.

Par ailleurs, la commission d’enquête du Sénat a conclu qu’il n’y avait pas eu d’irrégularités sur le contrat passé avec Ecomouv’. Autrement dit, il n’existe plus d’obstacles à la mise en œuvre de l’écoredevance. Enfin en principe.
C’est pourquoi, les élus pressent le Premier ministre de donner le feu vert à cette manne financière qui devrait rapporter 700 à 760 millions à l’Aftif (Agence de financement des infrastructures de transport de France). Il s’agit aujourd’hui de ne pas retarder encore davantage leurs investissements prévus dans le 3e appel à projet "transports collectifs et mobilité durable".

En effet, ce sont quelques 122 projets de transport collectifs (tramway, téléphérique, bus..) présentés par 78 collectivités et concernant 14 millions d'habitants qui seront compromis ce qui inquiète le Gart. L'Etat s'est engagé à cofinancer les investissements à hauteur de 450 millions d'euros.


Qui va financer les transports ?


Le financement des transports publics est devenu une préoccupation majeure des élus en raison notamment de la baisse des dotations de l'État aux collectivités, et de l’augmentation de la TVA intervenue au 1er janvier dernier qui n’a pas été répercutée dans le prix du billet. Une question éludée jusqu'ici en raison des élections municipales mais qui revient dans l'actualité. Ainsi la Communauté urbaine de Bordeaux envisage d'augmenter le prix du billet de 5,8% cet été.

Les autorités organisatrices de transport ne feront pas l’économie d’un débat sur la tarification. Une question qui a été longuement abordée pendant le tour de France que le Gart et l'UTP ont organisé courant 2013, pour réfléchir au modèle économique du transport urbain.().

Un débat sur le financement qui sera également au centre des discussions sur le bing bang territorial lancé par le gouvernement. Les Régions qui vont se voir confier de nouvelles compétences en matière de transport réclament des ressources nouvelles et surtout "propres et dynamiques".


Autocars vs TER


Enfin autre sujet d'importance, qui devrait on l'espère revenir dans l'actualité la libéralisation du marché de l’autocar sur les lignes interrégionales. Le secrétaire d’Etat aux Transports, Frédéric Cuvillier, qui inaugurera le salon le mardi 10 juin à 15 h, explique que "la création de telles liaisons ne doit pas avoir pour effet de déséquilibrer des services décidés et subventionnés par les collectivités publiques pour des motifs d’intérêt général, notamment les TER, qui jouent un rôle primordial en termes d’aménagement du territoire et de développement durable" (lire son interview parue dans Transport Public de juin 2014).

Florence Guernalec – Robert Viennet