Comme il l'avait annoncé, le 19 mai 2014, lors de la présentation des 40 bus premiers bus hybrides (gazole électrique) de sa flotte, Pierre Mongin veut aller vite dans la transition énergétique de son groupe. Il s'est fixé 2025 "pour atteindre l'objectif de 0 émissions de CO2". Pour ce faire, à côté de la filière hybride qui constituera le gros de la flotte parisienne, le groupe veut développer la filière gaz naturel et biogaz. C'est le sens de l'accord de partenariat signé avec GDF Suez pour développer une solution d’avitaillement de centres de bus de la RATP en gaz naturel véhicules (GNV) et BioGNV. Cet accord porte sur une durée de 3 ans. "Objectif pour la RATP : une flotte comprenant jusqu’à 20 % de bus au gaz naturel, à l’horizon 2025", ont indiqué les deux signataires

But de ce partenariat, identifier dans le patrimoine foncier des deux entreprises en ile de France, les terrains qui permettront de déployer une solution d’avitaillement au GNV / BioGNV à proximité de centres de bus de la RATP. Ces infrastructures seraient mutualisées avec d'autres flottes de véhicules tels les bennes à ordures ou les poids lourds.

Une incitation au développement de la filière

GNVERT la filiale biogaz de GDF Suez, va lancer différentes études pour adapter plusieurs sites de la RATP à l’avitaillement en gaz naturel de ses bus. La 1ereétape concernera le centre bus de Créteil qui accueille à ce jour 90 autobus GNV. Objectif : augmenter, à partir de mi-2015, la capacité de la station pour accueillir à terme 220 autobus à gaz soit la totalité des bus du dépôt.

Cette initiative devrait aussi donner un coup de fouet à une filière GNV qui après un fort démarrage au début des années 2000 - avec des réseaux comme celui de Lille ou de Toulouse qui sont passé à 100% au GNV - tend à stagner. Aujourd'hui selon une étude de l'Union des Transports Publics et ferroviaires (UTP) 12% du parc français d'autobus est alimenté en gaz.

Essentiellement du gaz naturel puisque la production de biogaz reste encore très faible dans notre pays et sert surtout au chauffage urbain et à la production d'électricité. Un plan gouvernemental prévoit que d’ici 2020 en France, le nombre d'unités de méthanisation devrait passer d’environ 250 à près de 1 500. Pour Olivier herout président de GNVERT la consommation totale de Biogaz devrait atteindre 5% de la consommation totale de gaz en 2020 et 30% à horizon 2030.

Robert Viennet