Après une première expérimentation en 2009, la région Ile-de-France semble décidée à passer la vitesse supérieure. Le vice-président de la région Ile-de-France chargé des transports, Pierre Serne (EELV), a annoncé, sur France Bleu, qu’une voie de l'autoroute A1, qui relie Paris à Lille, sera réservée à l'entrée de Paris aux taxis, aux bus et au covoiturage début 2015. "En tout, on va annoncer une douzaine de voies dédiées sur autoroute dont la mise en place va s'étaler sur les années qui viennent", a-t-il ajouté. La région, l'Etat et le Stif sont en train de préparer un plan sur les voies réservées. Ce plan devrait être présenté, en détail, courant juin 2014.

En 2009, une première expérimentation sur l’autoroute A1 n’avait pas été "concluante" de l’aveu de Pierre Serne. "L'insertion à l'arrivée dans le périphérique avait été mal préparée (…) Là on a retravaillé avec la mairie de Paris de façon beaucoup plus importante et on n'attend plus que son feu vert".
"Ce ne sont pas des travaux très importants ensuite à mettre en œuvre", a assuré Pierre Serne. Mais, ce sont des choses qu'il faut extrêmement bien accompagner et vérifier, quasiment au millimètre près". S’agissant du covoiturage, l’élu francilien a expliqué qu’il attendait encore "une définition claire du covoiturage dans le code de la route (…) On presse le gouvernement de le faire".


Quid des coûts et de la réglementation ?

D’autres expériences de voie réservée sont actuellement en cours à Grenoble et Marseille par exemple. Créée en 2007, la voie réservée aux cars sur une partie de la bande d’arrêt d’urgence de l’autoroute A48 entre Voreppe et Grenoble, a été prolongée en mars 2014 de 5 kilomètres, portant la totalité de la voie réservée à 10 kilomètres. Un investissement de 8,5 millions d’euros cofinancé par le département et la société AREA, concessionnaire de ce tronçon d’autoroute.

Cependant, la création de voies réservées pose des questions réglementaires et de financement. En effet, le code de la route n’autorise pas de faire circuler des véhicules de transport en commun sur la bande d’arrêt d’urgence. "Nous avons une autorisation ministérielle dérogatoire, mais elle n’est toujours pas entrée dans le droit commun" expliquait, en mars dernier, Hervé Monnet, directeur adjoint des mobilités au Conseil général de l’Isère. De plus, un projet similaire est en cours d’étude sur l’autoroute A41 en provenance de Chambéry. Coût estimé : 15 millions d’euros pour 9-10 kilomètres. Pour baisser la facture, l’autorité organisatrice demande un allègement des contraintes, en particulier sur l’équipement de caméras destinées à repérer les véhicules en détresse… Le Conseil général est décidé à accroître l’attractivité des transports en commun mais, pas à n’importe quel coût.

En novembre 2013 Frédéric Cuvillier, à l'époque ministre des transports, avait commandé au Conseil général de l'Environnement et du développement durable (CEGDD) une mission d’expertise sur les expérimentations existantes en matière d’utilisation des bandes d'arrêt d'urgence par les autocars/autobus.