"Alstom étudie l'adossement de ses activités énergie à GE", a indiqué le groupe dans un communiqué du 30 avril. "Le conseil d'administration d'Alstom reconnaissant à l'unanimité les mérites stratégiques et industriels de cette offre, et ayant pris note des engagements publics souscrits par GE, a décidé de mettre en place un comité d'administrateurs indépendants, conduit par Jean-Martin Folz, pour procéder, d'ici à la fin du mois de mai, à un examen approfondi de l'offre", a-t-il ajouté.
Le produit de la cession permettra à l'industriel français en difficulté "de renforcer ses activités transport, leur donner le moyen d'un développement ambitieux, rembourser sa dette et redistribuer le solde à ses actionnaires", a-t-il précisé.

S'il a recommandé l'offre de GE, le conseil d'administration d'Alstom ne ferme toutefois pas la porte à d'autres propositions non sollicitées pour la reprise des activités énergie. Il a dit ainsi avoir pris connaissance d'une déclaration d'intérêt de l'allemand Siemens, qui "aura un accès équitable à l'information lui permettant, le cas échéant, de soumettre une offre ferme". Pour contrer GE, Siemens a amélioré son offre et proposé de céder au groupe français en plus de ses trains à grande vitesse, son activité dans les métros, et a valorisé entre 10,5 et 11 milliards d'euros les activités énergie d'Alstom, selon un courrier que l'AFP a consulté. Siemens, qui n'a pas reçu de réponse de la part du français à ses courriers, se dit par ailleurs "déçu du manque de coopération" du patron d'Alstom, Patrick Kron.

Parallèlement, Siemens mène des discussions avec le britannique Rolls Royce pour lui acheter des actifs dans l'énergie, a annoncé le groupe britannique dans un communiqué publié dans la nuit de mardi à mercredi.
Le conseil d'administration d'Alstom s'est tenu mardi soir sous haute surveillance de l'Etat soucieux de préserver l'emploi. De son côté, GE a assuré dans un communiqué séparé que son offre avait été accueillie "positivement" par le groupe français et qu'elle était "bonne" pour le groupe industriel et la France, où le groupe américain prévoit une augmentation du nombre d'emplois, sans le chiffrer.

Cette offre, "nous pensons qu'elle est bonne pour eux (Alstom) et les employés", a déclaré le patron de GE Jeffrey Immelt par téléphone à quelques journalistes. "Elle est bonne pour GE, elle est bonne pour le pays", a-t-il estimé.
GE a proposé que le siège et les centres mondiaux pour ses activités turbine à vapeur, énergie hydraulique, éolien offshore et réseaux soient localisés en France, tandis que le "centre d'excellence" pour les turbines à gaz resterait à Belfort, dans l'est de la France.

Bouygues, actionnaire d'Alstom à 29%, "soutient cette opération", poursuit GE, qui confirme qu'un comité d'administrateurs indépendants présidé par Jean-Martin Folz va procéder à l'examen de l'opération d'ici au 2 juin.
L'opération se ferait sur la base d'une valeur d'entreprise de 13,5 milliards de dollars (9,9 milliards d'euros), auxquels s'ajouteraient les 3,4 milliards de dollars (2,5 milliards d'euros) de trésorerie nette des activités reprises. Au total, l'opération porterait donc sur 16,9 milliards de dollars (12,35 milliards d'euros).

(AFP)