"Nous sommes convaincus que cette proposition est une opportunité unique de créer deux forts champions européens visant un leadership mondial dans les domaines de l'énergie et des transports", écrit le patron de Siemens Joe Kaeser à Patrick Kron, son homologue d'Alstom, dans un courrier daté du samedi 27 avril 2014, dans un courrier qu'a pu consulter l'AFP.

Dans le détail, Siemens propose de racheter contre du cash les activités énergie thermique d'Alstom, énergies renouvelables, et solutions de transmission d'électricité ("grid"), un ensemble évalué à "environ 10 à 11 milliards d'euros".

Siemens céderait ses ICE à Alstom, pas ses métros ni ses tramways ?

En outre, l'industriel allemand se dit "préparé" à céder à Alstom une partie de son activité transports, à savoir la construction des trains à grande vitesse ICE et celle de locomotives. Dans la proposition de l'industriel allemand, les métros et les tramways ne feraient pas partie de la transaction. Mais Siemens devra sans doute mettre aussi cette activité dans la balance car le transport urbain est porteur.
Le courrier de Joe Kaeser, déjà évoqué par plusieurs titres de presse le 28 avril, dont le Figaro en France et le Handelsblatt en Allemagne, n'évoque pas une offre formelle mais une "proposition autour d'une transaction potentielle".

Contacté par l'AFP, un porte-parole de Siemens n'a pas voulu commenter ou confirmer les informations de cette lettre. Il a seulement renvoyé au communiqué du groupe, dans lequel il a dimanche 28 au matin, annoncé avoir fait part à Alstom "de sa disposition à échanger sur les questions stratégiques soulevées par une coopération future", se refusant à divulguer davantage de détails.

Prenant en compte les préoccupations exprimées par le gouvernement français à l'annonce d'un éventuel rachat par l'américain General Electric de l'activité énergie d'Alstom, le patron de Siemens assure que cette transaction, pour laquelle il assure avoir les moyens financiers, "pourrait avoir lieu sans conséquence sociale pour les deux groupes". "Nous nous engageons à ne procéder à aucun licenciement en France pour une période d'au moins trois ans et prévoyons plutôt d'étendre l'activité", assure Joe Kaeser dans sa lettre.

Concernant également l'activité nucléaire d'Alstom, sensible pour la France, Siemens se dit prêt à "discuter avec le groupe et ses actionnaires de solutions appropriées pour ses actifs nucléaires, qui pourraient passer par une cotation distincte".

En matière de localisation des sièges, Siemens propose que soient basées en France les directions des activités nucléaires et vapeur, et de transférer de l'Allemagne vers la France "des parts importantes du siège de l'activité de transmission" d'électricité.
A l'issue d'un conseil d'administration extraordinaire dimanche, Alstom a indiqué dans la soirée poursuivre "sa réflexion stratégique" jusqu'à mercredi 30 avril.

(avec AFP)