Après le rapport de Jean-Paul Bailly (ex-pdg de La Poste) remis fin 2013 à l'ancien gouvernement, Jean-Marc Ayrault s'était engagé à remettre à plat l'imbroglio réglementaire et législatif qui encadre le travail du dimanche. Car actuellement les personnes travaillant le dimanche dans un magasin situé en zone touristique ne touche aucun surcroît de salaire (contrairement à ceux qui travaillent dans des Périmètres d'usage de consommation exceptionnelle, les PUCE).
Officiellement, un projet de loi devait être élaboré pour fixer, d'ici à fin 2014, les contreparties accordées aux travailleurs du dimanche.

Visiblement, Laurent Fabius, toujours au Quai d'Orsay dans le nouveau gouvernement mais qui a hérité du tourisme et du Commerce extérieur, veut accélérer les choses : il considère que l'ouverture étendue des magasins le dimanche est nécessaire pour capter la manne des dépenses des touristes à Paris. "Le touriste qui se présente le diimanche devant un magasin fermé ne va pas revenir le jeudi", a-t-il déclaré sur RTL le 23 avril. C'est sûr, dans leur tour d'Europe, les Chinois (la France en accueille 1,5 million par an), gros clients pour les enseignes de luxe et les grands magasins seront déjà dans une autre capitale...

C'est Guillaume Pepy qui va être content

Pour Laurent Fabius, tous les commerces ne seraient pas concernés par cette extension de l'ouverture dominicale : ce serait "uniquement dans les zones très touristiques, à proximité des gares, dans les aéroports et dans un certain nombre de quartiers", a précisé le patron du Quai d'Orsay.
Dans les aéroports, c'est déjà le cas, autour des gares et dans les gares, c'est une demande pressante de Guillaume Pepy, président de la SNCF et de sa chef des 3 000 gares, Rachel Picard qui dirige Gares & Connexions.
Car c'est bien du côté des redevances des commerces en gares que la compagnie ferroviaire réalise de beaux résultats. En 2013, le chiffre d'affaires de cette branche de la SNCF a progressé de + 8,5% à près de 1,2 milliard d'euros, qui s'explique pour un quart par "le développement des loyers des surfaces commerciales en gare", précise la compagnie. Et la tendance se confirme au premier trimestre 2014 avec une nouvelle progression de 10%.

Laurent Fabius estime possible de réduire fortement le déficit du commerce extérieur (plus de 60 milliards d'euros en 2013) grâce aux emplettes que pourraient faire les touristes dans les magasins situées en zones touristiques. Y compris le dimanche.

Nathalie Arensonas