Rien ne va plus entre les deux syndicats patronaux de la filière autocars. La FNTV, principale organisation professionnelle du secteur avec environ 3 000 transporteurs adhérents, n'apprécie pas la dernière montée au créneau de la "petite" OTRE.
Née d’une scission en 2000 avec la Fédération nationale des transports routiers (FNTR), l’OTRE ne représente que 250 PME de la filière autocar, mais le syndicat s'est forgé une solide réputation de trublion dans le transport routier, voyageurs et marchandises.

Sa dernière sortie ne déroge pas à la règle. En février 2014, à l'occasion des négociations annuelles obligatoires (NAO), l'OTRE a proposé de nouvelles grilles d'ancienneté très avantageuses pour les salariés de la branche, dont les conducteurs de cars.
Elles prévoient notamment des paliers pour les salariés (conducteurs, employés et cadres) ayant 20, 25 et même 30 ans d'ancienneté. Jusqu'ici, les grilles d'ancienneté s'arrêtaient à 15 ans. Avec le nouveau barème, un conducteur ayant travaillé 20 ans dans la filière bénéficiera d'une augmentation de salaire de 14%, puis de 17% pour 25 ans d'ancienneté, et 20% pour 30 ans.

Pourquoi ces nouveaux paliers ? "Cela rend la filière plus attractive alors qu'elle fait face à un problème de recrutement des conducteurs et de leur fidélisation", justifie Jean-Marc Rivera, secrétaire général adjoint de l'OTRE.

"Propositions irresponsables"


De son côté, la FNTV a qualifié les propositions de l'OTRE d'"irresponsables". "Les conséquences seraient une augmentation de la masse salariale de l'ordre de 3%, alors que la majorité des entreprises autocaristes ont une marge comprise entre 0 et 2%", explique Michel Seyt. "Le résultat est simple : la plupart des entreprises du secteur passeront dans le rouge", selon le président de fédération patronale.

À cet argument, l'OTRE rétorque que les salariés conducteurs ayant plus de dix ans d'ancienneté ne représentent que 26 %, l'impact serait donc modéré. "L’attitude de la FNTV démontre une nouvelle fois une approche syndicale contaminée par l’emprise des grands groupes (Transdev, Keolis, CarPostal, NDLR) cherchant à satisfaire avant tout leurs actionnaires et leurs intérêts particuliers", estime l'OTRE.

Le ministère du Travail tranchera


Le 13 février, quatre des cinq syndicats de la filière (CFDT,CFTC, CGT et FO) ont signé un accord sur la base des propositions de l'OTRE. La FNTV a immédiatement réagi en retirant les siennes, à savoir une revalorisation des salaires de 1% pour l'ensemble des catégories socioprofessionnelles du secteur, sans rien mentionner sur l'ancienneté. La FNTV est soutenue dans sa position par l’Union nationale des organisations syndicales des transporteurs routiers automobiles (Unostra).

L'organisation professionnelle prévient qu'elle va exercer son droit d'opposition à l'accord du 13 février auprès du ministère du Travail. Lequel décidera alors de valider ou non l'accord. S'il est invalidé, un nouveau round de négociations débutera, certainement dans une ambiance électrique.

Christophe Guillemin 
___________________________________________

Un accord en bonne voie dans le transport urbain

Pour les salariés de la branche du transport urbain, les négociations obligatoires annuelles (NAO) ont l'air mieux parti :
la revalorisation de salaires de 1% proposée par l'Union des transports publics (UTP) à ses partenaires sociaux (CFDT, CFTC, FO, CGT, Unsa, CFR-CGC) devraient aboutir à un accord le 14 mars 2014, selon une source proche du dossier.

N.A.