Valence-Grenoble-Chambéry. Un axe ferroviaire stratégique en Rhône-Alpes puisque desservant un bassin de vie de 900 000 habitants, totalisant un potentiel de 2,5 millions de déplacements par jour.

Partant de là, mais aussi parce que cette ligne ne répondait plus aux normes de sécurité et ne permettait plus une exploitation optimale des TER, des travaux de modernisation ont été entrepris en 2009 pour s’achever en 2013. "Avec ces travaux nous sommes passés du 19e au 21e siècle en sept ans", résume Eliane Giraud, vice-présidente en charge des transports au sein de la région Rhône-Alpes.

Cette collectivité est, aux côté de l’Etat, l’un des principaux contributeurs financiers de ce projet, chiffré à 540 millions d’euros (voir l'encadré ci-dessous). Cette modernisation visait quatre objectifs : améliorer la qualité des déplacements ferroviaires en proposant une alternative performante à la route, améliorer le maillage du réseau ferré, ouvrir un nouvel itinéraire fret pour la traversée des Alpes et renforcer le lien ente les territoires du sillon alpin et de l’arc méditerranéen.

Raccordement à la LGV Méditerranée

Ces travaux se sont déroulés en deux phases. La première (2007-2011) s’est traduite par la création d’un terminus périurbain à Gières avec une nouvelle voie centrale permettant d’absorber l’augmentation de trafic TER, tout en complétant l’offre de tramway de Grenoble.
Un échangeur ferroviaire a été construit à Moirans pour remédier au croisement des lignes Lyon-Grenoble et Valence-Moirans, rendant ainsi possible l’augmentation du nombre de circulations sur cet axe. Enfin, les 31,7 kilomètres de ligne reliant Saint-Marcellin à Moirans ont été intégralement doublés.

La deuxième phase de travaux (2011-2013) a consisté à électrifier la section entre Saint-Marcel les Valence et Moirans. Soit une section de 70 kilomètres et entre Gières et Montmélian, deux villes distantes de 45 kilomètres. Cette période a également vu la création d’un raccordement du sillon alpin à la LGV Méditerranée en gare de Valence TGV.

"Ces travaux et l’électrification de la ligne permettent désormais d’assurer des relations à grande vitesse sans correspondance entre Valence, Grenoble et Chambéry et le sud de la France". Pour l’instant, cette offre comprend trois allers et retours par week-end au départ et à destination de Marseille, Avignon et Aix en Provence.

14 gares accessibles aux personne à mobilité réduite

Le chantier du sillon alpin a aussi été l’occasion de mettre en accessibilité quatorze gares. Au programme : sécurisation de la traversée des voies par l’installation de passerelles ou la, réalisation de passages souterrains avec ascenseurs et rampes d’accès, allongement et rehausse des quais, pose de bandes d’éveil. Par ailleurs, cinq passages à niveau ont été supprimés et 12 kilomètres d’écrans acoustiques ont été construits.

"Grâce à ces travaux et à l’électrification de la ligne, nous devrions avoir des TER plus fiables et plus ponctuels", espère la vice-présidente. Un enjeu crucial au regard des chiffres de progression de la clientèle. "Entre 2007 et 2012, le nombre de voyageurs a progressé de 53% entre Grenoble et Chambéry et de 48% entre Valence et Grenoble. Il y a de véritables besoins de déplacement dans ce secteur".

L’offre sera renforcée en gare de Moirans avec 22 arrêts supplémentaires pour accompagner la hausse du trafic avec Grenoble, tandis que de meilleurs temps de parcours seront effectifs entre Grenoble et Valence. En Rhône-Alpes, 1 300 trains circulent chaque jour et transportent quotidiennement 155 000 voyageurs. La Région consacre aux TER un budget annuel de 630 millions d’euros.

Christine Cabiron