En 2017, la capitale du Kazakhstan, Astana, accueillera l'Exposition universelle placée sous le thème des énergies du futur. Une occasion toute trouvée pour renouveler la flotte d'autobus de son réseau de transport avec des véhicules propres. Le choix s'est porté sur le gaz naturel (GNV) dont le Kazakhstan est un très gros producteur mondial et sur le constructeur franco-italien Iveco Bus qui trouve là une belle occasion de montrer son avance dans le domaine.

"Nous avons pris les premiers contacts avec les responsables d'Astana en juin 2013", explique Pierre Lahutte, responsable mondial des activités Car et Bus de CNH industrial, la maison mère d'Iveco Bus.
A l'époque les autorités de ce pays immense (le neuvième au monde en superficie), mais qui ne compte que 17 millions d'habitants, souhaitent bénéficier de l'expérience du constructeur en matière de gestion des flux de masse acquise lors des JO de Turin.
Envisagée un temps, la solution d'un tramway proposée par Alstom a été refusée en novembre 2013 par Noursoultan Nazarbaïev, le président du Kazakhstan, qui a trouvé le projet trop coûteux et lui a préfèré un vaste réseau de 63 kilomètres de Bus à haut niveau de service (BHNS). D’où le besoin de renouveler l'intégralité de la flotte de 1 000 bus de la ville.

 

Origine France Garantie

Le marché de 350 bus au gaz naturel de type Citelis que vient de remporter Iveco Bus, auxquels s'ajoute une option pour 100 BHNS de type Créalis au gaz, tous siglés "Origine France garantie", est la première phase de ce renouvellement. Il a été obtenu grâce "aux instruments financiers mobilisés par Bercy, notamment le soutien de la Coface", se félicitent Pierre Moscovici, ministre de l'Economie et Nicole Bricq, son homologue du Commerce extérieur, soulignant dans un communiqué que cela représente plus de 350 emplois directs.

Autant d'emplois que de bus (280 bus standards de 12 mètres et 70 articulés de 18 mètres) qui seront livrés entre juin et décembre 2014. Un challenge pour l'industriel qui va devoir satisfaire cette importante commande sans désorganiser la production de sa nouvelle gamme de bus Urbanway aux normes Euro 6.

 

Le gaz, naturellement

Pour Pierre Lahutte, ce succès couronne les efforts fait par son groupe depuis des années pour développer des bus au gaz naturel moins polluants et plus silencieux que les versions diesel. Un marché qui, après être resté plutôt discret ces dernières années dans l'Hexagone (seules quelques grandes agglomérations comme Lille Bordeaux ou Toulouse se sont lancées), pourrait retrouver des couleurs.

En effet, de plus en plus de villes françaises veulent abandonner le diesel pour se tourner vers des modes de propulsion plus propres comme l'hybride ou le GNV : "Outre la faiblesse de ses émissions par rapport au gazole et l'absence totale de particules, le prix du gaz qui a été déconnecté de celui du pétrole est en baisse partout dans le monde. Une économie qui permet d'amortir à la fois le surcoût du matériel et la construction d'unités de compression en moins de 10 ans", affirme Pierre Lahutte.

Iveco Bus travaille par ailleurs au développement d'autocars interurbains au gaz naturel liquéfié (LNG), solution qui offre une importante autonomie (1 000 km) bien adaptée aux transports départementaux.

Robert Viennet