La France va tester dès 2015 des voitures communicantes, en situation réelle. Coordonnées par le ministère des Transports, ces expérimentations visent à tester des systèmes permettant aux véhicules de se connecter entre eux, mais aussi avec les sociétés d'autoroute et les Directions des routes.

"Les voitures pourront transmettre des informations sur leur position, leur vitesse et signaler automatiquement des obstacles rencontrés sur la chaussée. Grâce à des tablettes installées sur le tableau de bord, elles pourront également recevoir des informations sur les conditions de trafic, les chantiers en cours, les accidents signalés, la vitesse autorisée, etc.", explique-t-on au ministère des Transports.

Ces véhicules connectés échangeront les informations en utilisant le réseau de téléphonie mobile lorsqu'il est disponible, ou des bornes wifi installées le long de la route, s'il n'y a pas de couverture 3G.

L'objectif est de comprendre "Comment ces solutions peuvent modifier en profondeur toute la chaîne d'intervention et de gestion du trafic, ainsi que l'information routière" poursuivent les conseillers techniques de Frédéric Cuvillier.  Pour les gestionnaires de réseaux routiers, ce type de solution pourrait permettre de fluidifier le trafic et de supprimer des équipements comme les panneaux à messages variables, les caméras et autres boucles de comptage.

Plus de 3 000 véhicules sur 2 000 km de routes

Le calendrier avancé par le gouvernement est serré : en 2014, développement des applications, en 2015, installation des équipements dans les véhicules et le long des routes, et premiers tests. En 2016, les tests seront progressivement étendus avec 3 000 véhicules sur 2 000 kilomètres. En 2017, si les tests sont satisfaisants, un déploiement national des solutions sera envisagé. "Il s'agit du plus large test de ce type en Europe", se félicite-t-on au ministère des Transports.

Cinq sites pilotes ont été choisis pour mener ces expérimentations, sur différents types de routes : voies rapides d'Ile-de-France, routes bretonnes, autoroute Paris-Strasbourg, rocade bordelaise, ainsi que des échantillons de routes départementales en Isère.

Doté d'un budget de 20 millions d'euros, ce projet est financé par l'État et les collectivités territoriales. Il s'inscrit dans le cadre de l'appel à projets européen SCOOP@F, ce qui devrait également lui permettre d'obtenir une subvention européenne en mars 2014.

De nombreux partenaires sont associés au projet : le ministère de l'Écologie, les collectivités où se dérouleront les expérimentations, les principaux gestionnaires de réseaux routiers, les constructeurs automobiles Renault et PSA, ainsi que différents organismes de recherche.

Ce projet doit être détaillé le 11 février par Frédéric Cuvillier à l'occasion de la journée "Mobilité 2.0", sur les transports intelligents.

Christophe Guillemin Le suivre sur Twitter