Le mouvement s'étend. Le rapport de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) qui classe les gaz des moteurs diesel comme "cancérogènes certains", incite les collectivités locales à abandonner les bus 100% gazole pour les remplacer par des véhicules hybrides ou au gaz naturel. En attendant le 100% électrique.

Après les élus du Syndicat des Transports d'Ile-de-France qui ont voté la fin des appels d'offres de bus diesel à partir de janvier 2014, après Toulouse qui ne veut plus acheter que des bus à gaz ou encore Lille, Marseille va aussi franchir le pas.

Pierre Reboud, directeur général de la Régie de transports de Marseille (RTM) l'a annoncé le 21 janvier, lors d'une conférence de presse. La Régie teste d'ailleurs depuis l’été 2013 deux bus hybrides Mercedes. "Ce sont des cobayes. Ils sont destinés à familiariser nos mécaniciens avec cette nouvelle technologie qui est plus proches de celle du métro que du bus", indique l'expoitant.


Prudence sur l'hybride

La RTM n’a pas encore établi de bilan sur les gains économiques et les conséquences sur la pollution de cette motorisation hybride. "Nous conduisons cette démarche avec la prudence que doivent inspirer des technologies prometteuses, mais pas encore complètement abouties".
Le passage du diesel à l’électrique se fera progressivement : "En 2014, nous achèterons probablement les derniers bus thermiques. En 2016-2017, nous devrions investir massivement dans l’électrique car tout nous laisse penser qu’une nouvelle génération de bus hybrides va arriver sur le marché d’ici trois ans".

 

Automatisation du métro

Autre révolution programmée, l’automatisation des deux lignes de métro de la cité phocéenne qui comptabilisent aujourd’hui environ la moitié des déplacements. "Nos 36 rames sont en bout de vie (le métro a été mis en service en 1977, ndlr)", indique Pierre Reboud.
Une équipe de la RTM est en train d’élaborer le cahier des charges du futur appel d’offres. Il portera sur l’achat de nouvelles rames (certainement de type BOA), l’installation de portes palières et d’ascenseurs. "Les premières rames automatiques seront livrées en 2019-2020. Tout comme cela nous laissera le temps de modifier l’organisation du métro et du travail ".

Si le climat social est parfois vif à Marseille, le directeur ne se dit pas inquiet pour le passage à l’automatisation. "Sur les 3 500 salariés de la RTM, il faudra recaser 120 conducteurs de métro. Cela ne devrait pas être compliqué", croit-il.

Trois objectifs sont poursuivis : augmenter la régularité et la fréquence et donner plus de souplesse à l’exploitation. "Lors des matches de foot, nous pourrons injecter des rames supplémentaires de manière très simple et offrir des intervalles plus serrés pour gérer les important flux de voyageurs qui se déplacent ces soirs-là".

 
Objectif métropole

La RTM qui a enregistré de bons résultats en 2013 avec une croissance de son trafic de 4% et de ses recettes commerciales de 5%, souhaite aussi devenir la clef de voute des transports collectifs de la future métropole marseillaise.
Cette collectivité qui verra le jour en 2016 englobera la Communauté urbaine de Marseille et les agglomérations d’Aubagne, d’Aix en Provence, de Salon de Provence, de Fos-sur-mer et de Martigues. " Il y a quasiment un consensus pour une approche métropolitaine des transports ", indique Pierre Reboud.

La Régie y voit l'opportunité de créer des synergies fortes avec la Régie départementale des transports, au volant des autocars interurbains Cartreize. "Nous nous voyons fondamentalement comme l’entreprise à choisir pour tout ce qui touche aux prestations transverses comme l’intermodalité, la tarification unique et l’information voyageur centralisée".
Mais pas seulement : "Nous sommes prêts à nous dévouer pour exploiter les réseaux de transports collectifs proches de Marseille".

Premier acte de ce "dévouement" en juillet 2014 lorsque la RTM prendra les commandes des transports de La Ciotat-Ceyreste. La Régie envisage aussi de se porter candidate pour exploiter ceux d’Aubagne en 2017. Date à laquelle prendra fin le contrat passé entre la communauté d’agglomération du Pays de l’Etoile et Transdev.
Une opportunité d’autant plus accessible qu’Aubagne figure parmi les "actifs " dont le groupe doit se désengager suite à sa fusion avec Veolia Transport. "Dans la mesure où Transdev ne sera pas à nouveau candidat en 2017, la RTM le sera", relève Pierre Reboud.

Christine Cabiron La suivre sur Twitter avec Robert Viennet