Le tout premier train de Ferovergne, nouvel Opérateur ferroviaire de proximité (OFP) devrait circuler à partir de novembre 2010 pour transporter 330 000 tonnes de marchandises la première année, avec l'objectif d'atteindre 500 000 tonnes d'ici à 2012.

Le capital de Ferovergne (100 000 euros) est détenu à 30% par le groupe de transports Combronde, 15% par SNCF Geodis (filiale fret de la SNCF), 10% par les chargeurs (comme Volvic ou Limagrain), et le reste par d'autres transporteurs.


Ramener du trafic sur les rails

Les opérateurs ferroviaires de proximité sont "le meilleur moyen de ramener du trafic sur le rail", a insisté Dominique Bussereau, lors de la signature de l'acte de création du nouvel OPF, rappelant que des projets identiques devraient voir le jour en Languedoc-Roussillon, en Bourgogne, Midi-Pyrénées, Bretagne, Aquitaine ou dans les Bouches-du-Rhône.

Les OFP répondent à l'engagement national pour le fret ferroviaire du gouvernement et du ministre de l'Ecologie de Jean-Louis Borloo, qui avait fixé en 2009 entre autres objectifs la création d'OFP.


Les syndicats craignent la concurrence avec la SNCF

Ferovergne "n'est pas là pour concurrencer la SNCF ou la remplacer mais pour offrir un nouveau modèle et de nouvelles perspectives: il va recréer une dynamique ferroviaire pour la région", a déclaré Dominique Bussereau, en réponse aux critiques des syndicats.

Plusieurs dizaines de cheminots ont ainsi participé à un rassemblement devant la préfecture duPuy-de-Dôme, où avait lieu la signature, à l'appel d'une intersyndicale CGT Sud-Rail Unsa CFDT, rapport une journaliste de l'AFP.
Consciente que le rail "constitue une alternative incontournable", l'intersyndicale déplore les "nombreuses fermetures ou réductions d'activité de chantiers Fret SNCF avec des suppressions massives d'emplois" dans un tract à l'adresse de "la population auvergnate".

Pour les syndicats, Ferovergne n'est qu'un "nouvel outil pour accentuer la concurrence et la libéralisation sur le rail, qui fragilisera le système ferroviaire avec des répercussions probables sur le transport voyageur".

Nathalie Arensonas (avec AFP)