La scène était un peu surréaliste. D'un côté, Frédéric Cuvillier venu découvrir le futur tramway de Caen, candidat à l'appel à projets "transports collectifs et mobilité durable" lancé par son ministère.

De l'autre, Philippe Duron, maire de Caen mais aussi président de l'Agence de financement des infrastructures de transport de France (Afitf) dont le budget qui devait être alimenté par l'écotaxe poids lourds dès 2014, doit financer le fameux appel à projets. Or, cette écotaxe est suspendue jusqu'à nouvel ordre.

Initialement, le ministère devait annoncer mi-décembre 2013 les dossiers retenus parmi les 111 candidats. Mais la révolte des bonnets rouges a bloqué le processus. Depuis on attend.
En bon politique, Frédéric Cuvillier a déclaré à Caen que les lauréats de l'appel à projets "seraient connus dans les prochaines semaines au plus tard les tout prochains mois".
Philippe Duron lui, "pense que comme la mission parlementaire sur l'écotaxe ne rendra pas ses conclusions avant le mois d'avril, il y a peu de chances que ce dossier soit bouclé avant les municipales".


La "croisade" de Frédéric Cuvillier

Et comme tout tourne autour de l'écotaxe, Frédéric Cuvillier "poursuit sa croisade de sensibilisation. Il faut que nous puissions renouer avec l'écotaxe qui est un enjeu essentiel (…) Tout dépend de cette fiscalité qui permet de faire que le transport, notamment étranger, qui utilise nos infrastructures, participe à leur modernisation".
Pour le ministre, il ne s'agit pas d'un impôt supplémentaire pour le contribuable, mais "d'une ressource non budgétaire affectée à coup sûr du premier au dernier centime aux collectivités locales et aux infrastructures".

En attendant de connaitre le sort de l'écotaxe et l'avenir du financement des infrastructures de transport (AFITF), le gouvernement doit parer au plus pressé et doter l'AFITF d'un budget pour 2014.
Pour y parvenir, Frédéric Cuvillier "qui a des discussions quotidiennes avec Bernard Cazeneuve, ministre du Budget", évoque "des économies budgétaires et une repriorisation d'un certain nombre de projets puisqu'ils n'avancent pas tous au même rythme".

Résultat, le budget de l'AFITF devrait être voté le 6 février. "Ce n'est pas le budget qu'on espérait bien sûr mais on a besoin de certitudes un peu plus fortes pour en construire un plus ambitieux", explique Philippe Duron.
Seul financement nouveau assuré - en plus des "coups déjà partis" comme les quatre lignes à grande vitesse - le renouvellement des Trains d'équilibre du territoire (Corails Intercités).

Robert Viennet