Des Peugeot 207 et des cabriolets 308, des 508 hybrides, des Renault Megane, mais aussi des fourgonnettes Peugeot, tout cela pour 20 à 35 centimes d'euros du kilomètre et 1 à 2,5 euros l'heure de location (selon le modèle). Carburant et assurance compris !

Vous ne rêvez pas, mais pour bénéficier des ces tarifs "révolutionnaires", il faut être sur Territoire de Belfort et être abonné au réseau de transport collectif "Optymo" qui a instauré le postpaiement (vous êtes facturés en fonction de vos trajets avec un plafonement pour ceux réalisés en bus)

Selon les calculs de l'autorité organisatrice des transports de Belfort, le SMTC 90, les coûts fixes d'une Clio essence sont de 4 300 euros par an si on en est propriétaire. L'utilisation d'une voiture en libre-service Optymo pour faire ses courses hebdomadaires dans un rayon de dix kilomètres et partir en balade une fois par mois (soit 350 heures d'utilisation et 4 700 km parcourus) ramène ce coût entre 1 295 et 2 530 euros par an, selon le modèle de voiture louée.


Il n'y a pas que le tramway dans la ville

Après une phase de test en décembre 2013 auprès de 80 volontaires, ce nouveau service de voitures en libre-service est lancé le 20 janvier par le SMTC 90 présidé par Christian Proust qui veut "bousculer les idées reçues et l'ordre établi et refuse le "dicktat du tramway".
"Les transports en commun traditionnels ne peuvent satisfaire l'ensemble des besoins; pour les déplacements courts (1 à 3 km), le bus ou le vélo sont adaptés, pour les plus longs, la voiture reste d'une efficacité inégalable", juge le Syndicat mixte des transports qui met en place cette nouvelle offre de mobilité pour "concurencer efficament la possession d'une voiture individuelle".

Espérons que ce lancement sera plus réussi que la réorganisation du réseau de bus à la rentrée 2013 qui avait valu à l'élu MRC (il a annoncé qu'il ne se présentera pas aux municipales de mars) la grogne des parents d'élèves, à cause de certains ratés sur les lignes de bus scolaires.

Quatre-vingt véhicules sont prévus au démarrage, 200 autres à l'automne 2014 et 600 au final (pour un coût de 2,65 millions d'euros HT) si le gouvernement retient la candidature du Territoire parmi les très nombreux autres candidats du dernier appel à projets de transport collectifs et de mobilité durable.

>> Lire : "Pluie de candidats pour le 3e appel à projet transports collectifs et de mobilité durable"

Prévue mi-décembre 2013, l'annonce du choix du gouvernement tarde à venir. Et pour cause, l'argent des subventions des projets retenus proviendrait de l'Agence de financement des infrastructures de transport (Afitf) qui doit elle-même être alimentée par l'écotaxe poids lourds.

Selon nos informations, le ministre délégué aux Transports Frédéric Cuvillier négocie encore une enveloppe budgétaire à Bercy pour, à quelques semaines des élections municipales de mars, aider les projets de transports retenus. Car l'écotaxe est au point mort, reportée sine die à l'automne 2013 devant la démonstration de force des bonnets rouges et des transporteurs routiers de marchandises.

Nathalie Arensonas