La région Lorraine veut connaître en détail le coût réel du Transport express régional (TER) que lui facture la SNCF, soit 165 millions d'euros par an. Pour cela, elle a chargé en juin 2013 la Compagnie des chemins de fer et transport automobile (CFTA), filiale du groupe Transdev, d'établir un audit.

Ce rapport, remis en novembre 2013, révèle un coût d'exploitation de 140 millions d'euros, soit 25 millions d'euros de moins que le prix facturé par la SNCF. "La CFTA a reconstitué et étudié les roulements en tenant compte des lois sociales et économiques du marché", précise Patrick Hatzig, vice-président régional en charge de la mobilité.

Cette collectivité souhaite payer le juste prix. "La SNCF nous garantit la transparence de ses comptes, sauf que nous n'y comprenons rien !".

La région a donc décidé de recourir à une expertise extérieure. Audit en main, les élus lorrains vont prochainement rencontrer Guillaume Pepy. "Nous avons conscience que la CFTA peut se tromper et n'avoir pas pris en compte un certain nombre d'éléments". Une chose est sûre, la SNCF va devoir justifier sa facture.

"Si la SNCF conteste cet écart de coût - ce dont je suis sûr  - elle devra nous fournir les preuves de ses calculs et nous expliquer point par point pourquoi nous payons 165 millions d'euros par an". Pas question pour l'élu d'entamer une négociation. "Nous n'allons pas rencontrer Guillaume Pepy pour négocier. Nous paierons le prix de la SNCF s'il est justifié ", insiste P. Hatzig.

 

Cadencement en 2016

Ces discussions interviennent à deux ans du déploiement du cadencement des TER en Lorraine, dont la feuille de route a été validée à l'unanimité le 29 novembre 2013. A ce titre, la CFTA (toujours dans le cadre d'une assistance à maîtrise d'ouvrage) a également été retenue, après appel d'offres, pour mener à bien cette mission.

"Elle va nous aider à concevoir la future organisation et établir les nouveaux horaires", précise l'élu. "Nous n'avons pas sollicité la SNCF. Une fois le schéma établi, nous discuterons avec elle et tiendrons compte de ses observations".
Plus clairement, la région veut reprendre en main la gestion du réseau TER. "Nous souhaitons avoir la SNCF comme partenaire et opérateur, pas comme décisionnaire".

Christine Cabiron La suivre sur Twitter

A lire dans le numéro de janvier du magazine Transport Public, un article sur les TER lorrains et les dix ans de "Métrolor"