"La succession va être compliquée", admet son actuel patron, Jean-Marc Janaillac, président de l'UTP et du groupe Transdev.
Compliquée, pourquoi ça ? Parce que sortir de l’ombre de Bruno Gazeau, délégué général du syndicat patronal des entreprises de transport public depuis huit ans, omniprésent sur les grands dossiers de la profession (élargissement aux autres acteurs de la mobilité comme les opérateurs ferroviaires et ceux du stationnement, la convention collective des cheminots du fret, par exemple) va prendre du temps.


S’il a l’élégance de céder la place à Claude Faucher au bout d’une courte cohabitation, quatre mois à peine (lui qui avait attendu un certain temps au poste d’adjoint), le nouveau délégué général va devoir marquer de son empreinte les couloirs de la rue d’Anjou où s’est installée l’UTP en juillet 2013, juste avant son arrivée. Les murs de l'immeuble du 8e arrondissement parisien sont encore vierges…
Ceux du bureau de Claude Faucher, l'antichambre du bureau d'à côté qu'il occupera en février quand Bruno Gazeau "disparaîtra de la circulation", comme il dit ("sauf si on a besoin de moi", glisse-t-il) sont recouverts de photos de l'abbaye de l'Epau, dans la Sarthe (il a été deux ans Directeur général des services du département), "un lieu empreint de sérénité et de sagesse".

De la sagesse et de la sérenité, ce fils d’agriculteurs du plateau de Velay, en Haute-Loire, où il retourne un week-end sur deux dans sa maison natale, fan de sports outdoor, d'hortensias et de rhododendrons qu'il essaie d'acclimater aux températures des hauts plateaux auvergnats (il est ingénieur agronome) va en avoir besoin en 2014. L’année de la négociation avec les syndicats cheminots pour tenter d’écrire, ensemble, la convention collective du transport ferroviaire de voyageurs.

"L’UTP, c’est l’art de gérer des contraires : public/privé, nouveaux entrants/opérateurs historiques, patrons/salariés. La moitié du boulot de délégué général, c’est le social et donc la négociation", observe Bruno Gazeau.

Une autre partie du job est de gérer les équilibres enre les composantes du conseil d'adminstration : la SNCF, la RATP, les grands groupes comme Transdev, Keolis et les plus modestes comme CarPostal France, les opérateurs indépendants, les privés etc.

"C’est pour sa capacité à négocier et son pouvoir de persuasion qu’on a choisi Claude, justifie Jean-Marc Janaillac qui raconte comment son nouveau dg ne s'est pas démonté devant huit chefs d'entreprises, administrateurs de l'UTP, lors de l'entretien d'embauche. "C’est un type solide, accrocheur, très à l’aise dans les dossiers techniques", dit de lui Dominique Bussereau dont Claude Faucher a été le conseiller biocarburants de 2005 à 2007 (l’ancien ministre des Transports était alors à l’Agriculture). "Il a fait une partie de sa carrière dans les collectivités locales, les clientes des opérateurs, c'est un bon choix", ajoute l'ancien ministre.

Adepte du partage, du couchsurfing, tous les matins, il arrive au bureau en Vélib’, et un week-end sur deux, il covoiture ou prend le train (quand même...) pour rejoindre son Auvergne natale. Là où "les pierres lui parlent", où vit sa famille, l'attendent son chat Moïse sauvé de la noyade, son jardin et son verger.  

Nathalie Arensonas