8 milliards de dollars de bénéfices

Le Strip et les rues alentour attirent l'essentiel des quarante millions de visiteurs annuels et la majorité des emplois. Les lignes de bus qui les desservent sont donc particulièrement chargées et rapportent beaucoup plus qu'elles ne coûtent avec une rentabilité de l'ordre de 150% (8 millions de dollars de bénéfice). A elle seule, la "Deuce" transporte près de 50 000 voyageurs par jour, autant qu'une ligne de tramway française.

Le Strip est parcouru par des dizaines de bus à double étage ou articulés, couleur or ou couverts de publicités et qui circulent de jour comme de nuit, 365 jours par an, à l'image des roulettes dans les casinos. Comme l'explique Dwight Brashear, vice-président de KTA, la principale difficulté d'exploitation est de bien cadencer l'offre de transport sur cette artère principale qui va jusqu'à l'aéroport et les rues avoisinantes pour éviter les convois de bus, tout en maintenant une bonne régularité de passage.

Sur les 60 millions de voyages annuels (contre 22 millions en 1994 quand Transdev en a pris l'exploitation), 14 millions sont effectués sur le Strip, et sont fréquentées à 90% par des touristes.

 

Réseau à deux tarifs

Sur les autres lignes, l'exploitation est plus classique et la clientèle surtout constituée des habitants les plus modestes de Vegas. Il existe deux niveaux de tarifs, l'un uniquement pour les résidents, l'autre pour les touristes. Pour eux, un pass valable deux heures coûte 6 dollars (24 heures pour 8 dollars) et donne accès à tout le réseau.
Pour les résidents, le prix du ticket est fixé à 2 dollars mais ne permet pas d'emprunter les lignes du Strip, même chose pour le pass deux heures (3 dollars) ou 24 h (5 dollars). Une possibilité qui leur est offerte uniquement s'ils achètent un abonnement de 15 jours (34 dollars) ou mensuel (65 dollars).

Le RTC offre des réductions de 50% aux 6-17 ans, aux étudiants, et aux plus de 60 ans. Au total, les recettes tarifaires (65 millions de dollars) et celles de la publicité (2,5 millions) couvrent un peu plus de la moitié du coût d'exploitation du réseau. Plutôt un bon niveau quand on le compare aux 30% de moyenne en France.

Le déficit est couvert par diverses taxes, principalement celle de 12,5% sur les chambres d'hôtel qui bon an mal an, rapporte 120 millions de dollars. Une sorte de versement transport.
A noter que le RTC dont le budget annuel est de 514 millions de dollars est également compétente sur la gestion du trafic routier.

Après six mois de reprise en main par Keolis, les premiers résultats sont encourageants, assure la filiale de la SNCF : en septembre 2013, les lignes de bus qui parcourent le Strip ont accueilli le chiffre record de 1,3 million de voyages.

Robert Viennet