Quels sont les temps forts de ces 24èmes Rencontres du transport public ?

Les deux séances plénières qui présenteront le bilan du tour de France du Gart et de l'UTP réalisé en 2012 et 2013 : plusieurs pistes ont été identifiées pour favoriser le report modal et le rééquilibrage du modèle économique du transport public. Tout d'abord, l'aménagement urbain et les infrastructures avec leurs effets sur la vitesse commerciale des autobus, condition pour augmenter les recettes des réseaux et réduire leurs charges.
Ensuite, la politique tarifaire : il y a beaucoup de débats en ce moment sur le niveau des tarifs, c'est un levier très important car il impacte à la fois la fréquentation et les recettes des réseaux. Enfin, l'offre de transport qui a un rôle déterminant sur leur attractivité.

Quels messages souhaitez-vous faire passer ?

J'aimerais revenir sur le paradoxe que connaît le secteur : il y a un véritable appétit pour les transports publics dans toutes les agglomérations et les régions. Tout le monde comprend qu'ils répondent aux problématiques de congestion et de pollution dans les villes, ainsi qu'à la baisse du pouvoir d'achat et au coût élevé de la voiture.
Pour autant, se pose la question du financement : l'actuel modèle économique s'essouffle. En période de faible croissance, il est impossible d'augmenter davantage le versement transport (taxe acquittée par les entreprises de plus de 9 salariés, ndlr), qui est pourtant la ressource principale du transport public. Concernant les recettes commerciales, nous pouvons peut-être aller un peu plus loin avec les politiques tarifaires. Mais nous ne pouvons pas augmenter exagérément, et sans fin, le prix du ticket.

Les solutions ?

Personne n'a la solution miracle, il faut la chercher en premier lieu dans l'optimisation des recettes comme des charges. Les sept leviers de progrès identifiés par le Gart et l'UTP lors du tour de France que j'ai évoqué précédemment, y contribueront. Ensuite, il faut réfléchir à des éléments d'évolution plus forts, la profession s'est beaucoup battue ces dernières années pour obtenir la décentralisation et la dépénalisation du stationnement. A ce jour, la discussion est bien engagée.

-> Lire : "Métropoles et dépénalisation du stationnement, c'est-voté" (juillet 2013)

Prochaine bataille, savoir comment le secteur du transport public peut bénéficier des richesses qu'il crées. Je pense notamment à la captation des plus-values foncières. La création d'une ligne de transport public accroît la valeur du patrimoine des biens desservis. Il est impératif aujourd'hui de se poser les bonnes questions sur le modèle économique afin de poursuivre ce que nous souhaitons tous : le développement et la promotion du transport public.

Quel est le rôle du GIE ?

Le grand intérêt de cette structure est qu'elle existe. Elle bâtit une passerelle entre les deux acteurs que sont les autorités organisatrices (les élus ndlr) et les opérateurs de transport. Le GIE est un lieu de rencontres, d'échanges, de discussions où l'on fait avancer la recherche de solutions communes et partagées. En sachant que chaque partie respecte les positionnements de l'autre. Il a également un objectif plus tactique avec les Rencontres nationales du transport public organisées tous les deux ans en province, en alternance avec le Salon européen de la mobilité, à Paris. Ces événements sont très importants parce que ce sont des lieux où la profession présente ses innovations et aborde les questions d'actualité. 


Concernant la menace de la hausse de la TVA, le GIE peut-il peser dans la balance ?

Le GIE reprend les positions unanimes prises par l'UTP et le Gart sur lesquelles se sont alignées les fédérations d'usagers. Elus et transporteurs ont clairement exprimé leur désaccord vis-à-vis de cette mesure. Le GIE n'a pas besoin d'en rajouter. Sur le fond, la hausse de la TVA à 10% n'est pas du tout une bonne nouvelle par rapport à la cause qui nous anime, c'est un très mauvais signal en matière de report modal.

Le salon européen de la mobilité de Paris, en juin 2014, prend de l'ampleur, comment expliquez-vous ce phénomène ?

Nous avons la volonté de faire de Paris le rendez-vous européen de la mobilité. Ce salon illustre comment les acteurs de la filière française sont engagés et présents non seulement en Europe, mais aussi dans le monde. Le modèle français avec d'un côté, une autorité organisatrice, et de l'autre des opérateurs publics ou privés, se répand petit à petit dans le monde. Ce distinguo matérialisé par la loi Sapin, est un point fort du transport public français. Aujourd'hui la France compte trois opérateurs qui figurent parmi les cinq leaders mondiaux. A travers le GIE, il s'agit de les aider à conserver cette place et renforcer le caractère international de notre modèle.

Propos recueillis par Christine Cabiron